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Le championnat du monde de pêche au coup féminin se déroulait cette année en Pologne, sur le canal de Wroclaw. Il s’agissait de la 25ème année d’existence de l’épreuve, mais aussi de la 25ème année de participation pour Notre championne Maison, Isabelle Hawryhuk. On attendait les Françaises sur cette pêche de canal et ce qu’elles ont accompli est tout simplement admirable. Isabelle a bien voulu revenir pour nous sur le déroulement de la semaine de préparation et le championnat.

De premiers résultats aléatoires, voire décevants, mais les filles ne lâchent rien

« Après un périple de près de 1800 km, nous attaquons rapidement les préparatifs et le premier jour d’entrainement arrive vite. Hélas, c’est la déception car les touches sont rares. La pêche est interdite sur le canal depuis 4 ans et les poissons ne répondent pas aux amorçages. Durant toute la semaine, pêcheuses et encadrants se mettent en quatre pour trouver des solutions. Malgré tout, certaines équipes exhibent des photos de grosses bourriches sur les réseaux sociaux. Ceci a pour effet de nous miner le moral, mais cela ne dure qu’un temps, car ces mêmes équipes déchantent rapidement lorsqu’elles changent de secteurs de pêche.
L’équipe ne lâche rien. Les soirées studieuses sont consacrées au montage d’hameçons et de lignes et au fur et à mesure de la semaine, le poisson répond  présent de plus en plus. La stratégie se dessine et nous sommes prêtes à la veille du championnat. Nous sommes déterminées comme jamais !

Déroulement du championnat : C’est la guerre !

Dominique Misseri, notre capitaine revient du tirage au sort et une fois nos dossards revêtus, nous sommes prêtes pour la guerre.
J’ai la chance de remporter mon secteur, mais surtout l’équipe gagne cette 1ère bataille en remportant brillamment la manche.
L’équipe restera la même pour le lendemain, et Anaïs, notre jeune et nouvelle venue dans l’équipe ne ménagera pas ses efforts. J’hérite d’une extrémité de secteur, la fameuse aile mais je sais que j’aurais fort à faire pour le titre individuel aussi, contre la hollandaise déjà deux fois championne du monde et aussi la russe, toutes deux comme moi vainqueur également de son secteur la veille. Mon moral prend un coup 20 minutes avant la manche quand un immense pousseur passe à proximité de mon coup à la stupéfaction des organisateurs. Mais grâce au staff, je ne me laisse pas abattre.

En route vers la victoire par équipe

Tout le monde adopte la même stratégie d’amorçage qui n’est réalisé qu’à l’aide de la coupelle. La manche démarre timidement avec très peu de touches au départ par rapport à la veille. La Hollandaise démarre fort, mais je commence moi aussi à mettre dans la bourriche des poissons de 400 a 600g et même une magnifique brèmes de près de 2 kg. Le match tourne rapidement au duel entre Anja et moi-même.
A l’issue, il me manque 1 kg pour remporter le secteur et je ne peux cacher ma déception de passer si près d’un second titre mondial consécutif. Mais la nouvelle de la victoire par équipe me réconforte rapidement. En individuel, je sais me contenter d’une médaille d’argent tant l’or par équipe a de la saveur ! Nous avons une très belle équipe et très bien encadrée.

Notre stratégie

Nous avons utilisé une amorce assez lourde et collante, enrichie de terre, afin de créer une grosse fixation à 11m exclusivement à la coupelle. Les rappels devaient être suivis et chronométrés tout au long de la pêche également à la coupelle. Un coup de secours en bordure a également été préparé avec trois coupelles de ce mélange et de rappels très réguliers de petites boulettes de terre pour exciter les perches. Il était aussi possible d’y capture de gros poissons-chats de 2 à 300g.
Nous avons utilisé du fouillis de vers de vase évidemment mais aussi des vers coupés et des pinckies morts pour garnir notre amorce. A l’hameçon, la clef était de varier les esches souvent : Vers de vase, vers de terreaux, asticots, mais aussi maïs.

     Lignes et matériel d’Isabelle

Pour le large : Flotteurs Garbolino SPM 17 d’1.5 à 3gr, montés sur le Nylon Garbolino Soft 16/100ème
Pour la bordure : Flotteurs Garbolino SPM 24 de 0.8 à 1gr, montés sur le Nylon Garbolino Soft 16/100ème
Bas de ligne de 20 cm en 12, voire 14/100ème
Elastiques Garbolino Solid montés sur deux brins et étaient d’un diamètre d’1 à 1.2mm
Canne : Garbolino Slimax Gold

Beaucoup de championnats ont eu lieu durant l’été, grande canne, feeder, moulinet etc.
Toutes les catégories ont eu droit à leur weekend intense : Jeunes, féminines et aussi les vétérans.
Un titre de Champion de France, quel que soit la catégorie, est un privilège et dans la carrière d’un sportif, un réel aboutissement. Jean-Pierre Misseri, ancien manager de l’équipe de France et sportif accompli, revient pour nous sur ce titre après lequel il courait depuis un moment.

Savoir tirer les leçons du passé

« Il y a 4 ans s’est déjà déroulé sur ce plan d’eau la première division nationale vétérans et j’avais fait, malgré un tirage défavorable, deux erreurs qui m’avaient coûté le podium. L’année suivante dans le nord et encore l’année d’après, à Cazaubon, j’échouais au pied du podium. Je devais aborder ce championnat d’une autre manière et c’est ce que j’ai fait. Un championnat et un concours exigent des stratégies différentes. Je me devais de disputer davantage de championnats individuels. Le championnat de France corporatif, où je savais que je pouvais rencontrer la même pêche, m’a permis de travailler lignes et amorce. J’ai ensuite participé à la deuxième division nationale carpes pour être confronté à des pêcheurs beaucoup plus forts que moi et ainsi ne rien céder dans la difficulté. Rien de tel pour se forger le mental !

Des infos et des entrainements qui ont porté leurs fruits

La troisième division nationale mixte s’est déroulée en début de saison sur les mêmes secteurs et un très bon ami y a participé et réussi. J’ai ainsi pu tracer le profil de chaque poste et des poissons qui ont été pris. Il me suffisait de l’adapter à mon championnat, déjà lors des entrainements, puis ensuite pour la finale. Je me suis entrainé trois jours le lundi, le mardi et le mercredi qui précédaient le championnat et un jour la semaine d’avant avec mon ami Denis qui avait été champion de France vétéran sur ce même parcours.

Attention aux idées reçues

Tous les compétiteurs ne voyaient que par les chats en grand nombre sur les secteurs et se préparaient pour réaliser plus de 400 poissons en oubliant un peu le reste, déjà la taille des chats mais aussi les poissons blancs. J’ai bien calé la pêche de vitesse des petits chats mais seulement sur deux heures de mon entrainement. J’ai consacré le reste du temps à trouver le moyen de faire du poids différemment. J’y suis parvenu, mais sans savoir si cela pouvait marcher le jour J.

Déroulement du championnat

Ma première manche a été le reflet de la préparation et même si mon épouse Dominique avait très peur de ma stratégie, elle s’est vite rendue compte que j’avais raison. Placé en limite des places à brèmes, par l’intensification du rythme des coupelles et leur positionnement par rapport au tas du départ, j’ai réussi à les rentrer sur le coup et surtout les prendre sans être embêté par les petits chats. L’astuce à consister à amorcer lourd à 11m et à décaler les coupelles à 11m50. Ces coupelles étaient garnies d’amorce et non de terre et ne contenaient pas de fouillis non plus, mais uniquement des asticots morts et des vers coupés. Aux entrainements, j’avais remarqué que le fouillis attirait les tous petits poissons chats. C’était un jeu de patience, car les poissons pouvaient mettre 2 à 3 heures à arriver. Je remporte la première manche et finis second lors de la deuxième avec des chats principalement, puis second encore lors de la troisième manche avec des poissons blancs que j’ai su attendre.

Amorce et lignes

J’ai utilisé une amorce à chats riche en tourteaux et chènevis cuit avec deux chapelures différentes. Une brune broyée très fine et une blanche où j’avais, à l’aide d’un tamis fin, enlevé de la finesse. J’y ai ajouté une poignée de terre de somme et une poignée de terre de rivière.
Toutes les lignes étaient confectionnées à l’aide d’un nylon de 14/100. J’ai varié le diamètre du bas de ligne de 10/100 à 12/100 et il mesurait 20 cm selon les esches et les cadences de touches.
J’ai employé trois types de flotteurs : Des carottes de ma confection pour la pêche des chats, des poires «  maison » qui sont faites par mon ami Daniel où je fais varier la longueur des antennes et des quilles selon la profondeur et les poissons recherchés en 0,8 et 1g et des boules Garbolino SPI 15 de qui sont certes des flotteurs à carpe mais d’une extrême stabilité pour les brèmes avec un fond supérieur à 3 mètres.

Matériel employé

J’ai utilisé la canne GARBOLINO SLIMAX RUBIS en 11m50 pour la pêche du large et la canne SLIMAX SAPHIR pour la pêche de bordure. Petite anecdote : ces deux cannes ont obtenu en plus du titre national, un titre de championne du monde car j’ai prêté mon matériel à une fille de l’équipe de France pour les championnats du monde en Pologne.

Et l’avenir ?

Mes objectifs pour l’avenir sont les suivants. Je voulais montrer que ma place tant désirée en équipe nationale vétérans que j’ai occupée durant deux ans et avec une médaille d’argent en République Tchèque la dernière année n’était pas usurpée. Je vais me battre pour arriver à retrouver cette place. J’ai également un autre objectif, celui de participer à de grosses épreuves à l’étranger. Invité cette année sur ces manifestations, j’ai dû décliner en raison de tous mes championnats, mais ce n’est que partie remise. »

Les jeunes ont aussi leur championnat de pêche au coup : La Coupe de France. Elle réunit les trois catégories, moins de 15, 20 et 25 ans, le temps d’un weekend. Leur combativité et leur talent n’a parfois rien à envier à celle des plus grands. L’édition 2018 a eu lieu sur le désormais célèbre parcours de Saint-Quentin dans l’Aisne. Un canal technique qui ne permet aucune erreur. Léo Monsigny dont c’était une première chez les U20 puisqu’il vient de changer de catégorie, rejoignant son grand frère Thomas, n’a pas raté son entrée en matière. Il revient pour nous sur sa victoire !

Une préparation minutieuse

« J’ai consacré deux jours d’entrainement sur place avant le championnat. Courant juin, j’avais déjà participé avec mon club au championnat de France par équipe et cela m’a bien aidé. Durant cette phase de préparation partagée avec mon frère Thomas, nous avons remarqué la présence de brèmes au large et aussi de gardons entre 5 et 7 mètres du bord. Ensemble nous avons pu cerner précisément les montages nécessaires et les distances à pratiquer. Des flotteurs stables mais sensibles étaient nécessaires. »

Les lignes de Léo

Gardons : Flotteur Garbolino SPM 17 de 0.40 à 0.80 gr montés sur 10/100ème et finis par des bas de ligne en 7/100ème équipe d’un hameçon Garbolino Ultra Fine Speed Match de 24 à 20,
Brèmes : Flotteur Garbolino SPM 17 de 0.60 à 2gr montés cette fois sur du 14/100ème et finis par des hameçons plus costauds, des Garbolino Fine Match Round Bend de 18 et 16 montés sur du 10/100ème.

Déroulement du championnat

« La chance est avec moi puisque j’hérite du n°1 en 1ère manche, une extrémité de secteur. Les gardons sont timides et au bout d’une heure, je me décide de pêcher au large et je capture d’emblée une petite brème de 200gr. Je les piège avec ma ligne la plus légère durant une heure de manière assez régulière. Les poissons disparaissent alors quasi généralement pour tous les pêcheurs durant une autre heure. Je me décide de distribuer régulièrement du fouillis jusqu’à ce que les poissons reviennent et j’attaque alors avec ma ligne la plus lourde pour présenter une esche la plus stable possible. Je réussis à redécider des brèmes et viens prendre la 2ème place du secteur.
Très motivé lors de la seconde manche, je n’ai qu’une idée en tête, c’est le titre ! Comme la veille, je n’amorce qu’à la coupelle pour un maximum de précision et même si je prépare un coup à gardons, je mise le maximum sur les brèmes. Placé au N°10, je sais que ce sera difficile, mais j’y crois. Très rapidement je quitte la bordure et les brèmes de toute taille sont là. Hélas comme la veille, le parcours s’éteint jusqu’à la dernière heure. Je décide d’amorcer de manière encore plus agressive que la veille et avec tout ce qu’il me reste de fouillis de vers de vase. Les beaux poissons répondent et je ne prends aucun risque en utilisant cette fois un hameçon de 14 pour tirer fort sur les poissons et refaire mon retard. Je remporte la manche avec 8 kg et le championnat par la même occasion ! »

Les ambitions de Léo

Peut-être que certains l’ignorent, mais Léo est sans doute le plus jeune pêcheur à évoluer en 1ère division nationale avec les grands ! Et oui, malgré son jeune âge, il a réalisé le souhait de nombre de pêcheurs au coup en atteignant ce niveau en 2017 et aussi à s’y maintenir. Il participera donc au championnat de France de la discipline, encore une fois à Saint Quentin, du 28 au 30 septembre 2018. Nous ne manquerons pas de vous donner de ses nouvelles.
Ses ambitions pour le futur sont claires : « Je me réjouis de participer encore à la 1ère division et pourquoi pas décrocher une médaille chez les grands (rires). Aussi, j’ai déjà participé à plusieurs championnats du monde jeunes avec les moins de 15 ans et j’espère faire partie l’an prochain de l’équipe des moins de 20 ans pour représenter la France lors des épreuves internationales ! »
 
Le matériel utilisé par Léo Monsigny Bordure:Kit de Garbolino Slimax Gold et une base d’Amber Carp Large : Garbolino Amber Carpp
 

Notre pêcheur Mickael Letscher est devenu champion de France de pêche au feeder le 10 septembre dernier à Angers. A 28 ans, il confirme son excellent niveau et remporte un premier titre élite après avoir gagné la deuxième division l’an dernier, toujours à Angers mais sur un parcours différent. Ce championnat se déroule en rivière en amont de la ville de Angers sur la Maine et la Sarthe. Ces rivières très poissonneuses nous ont habitué à des scores records. Cette année ce sera bien plus difficile et les poissons semblent présents mais pas très décidés à se laisser prendre.

Première manche – La place à l’aile, la vie est belle

Mickael entame ce championnat avec une place à l’aile. Une aile amont, un bon numéro au vu des entrainements. Il pratique une pêche fine à 40m de tout venant. Il remporter le secteur de justesse.

Concentré et appliqué, Mickael remporte son secteur en première manche.

Deuxième manche : Saucisse lentille

De grosses plaques d’herbiers et de lentilles dérivent sur la sarthe. Déplacées au gré du vent, elles gênent aléatoirement les compétiteurs sur le secteur le plus amont. Mickael, milieu de secteur n’y échappe pas. Il fait preuve d’un sang froid remarquable pour déjouer ce piège et ne perdre au final que 2 poissons dans les paquets d’herbes. Il pêche canne haute avec des Garbolino Altima en 4,2m pour passer au dessus de la plaque de lentille. La distance de pêche est aussi dictée par la largeur de ces herbiers.

Troisième manche : Des risques qui payent

Au matin de ce dernier round, Mickael est second au général, devancé au poids. Le premier et le troisième s’affrontent sur le même secteur. Mickael a bien évidement une carte à jouer mais il ne faut pas prendre trop de points. Pas simple, Mickael est au numéro 4, alors que ce sont les gros numéros qui dominent ce secteur depuis le début de la compétition. Cela se confirme rapidement. Au bout d’1h de pêche Micka n’a pris qu’un seul poisson. Il est temps de prendre des risques. Nous orientons la stratégie vers les grosses brèmes de la rivière. Très rapidement, le choix est payant, il revient sur la tête rapidement avec 2000 point par poisson capturé. Il termine deuxième de son secteur, une très belle performance. La première place au général est assurée haut la main avec 5 points. Le deuxième est relégué à 8 points.

Graine de champion

Mickael Letscher a une personnalité très attachante. Il est connu pour sa gentillesse et sa simplicité. Bon nombre de compétiteur se réjouissent de cette victoire qui récompense aussi un pêcheur extrêmement appliqué et talentueux. Une victoire qui vient grossir le palmarès de son jeune club : Pêche Feeder Compétition (12) et faire la fierté de ses partenaires. Bravo Micka je suis fier de toi !

Le matériel de Mickael :

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A l’issue d’un championnat incertain, Ludovic Lazaretti a remporté un titre bien mérité grâce à sa régularité. Notre champion revient sur sa victoire.

Merci les copains

« Pour ce championnat, je n’ai pas eu une grosse préparation, étant en plein travaux pour la construction de ma maison. Par chance, nous étions 4 membres du même club à participer à cette épreuve. Olivier Vanhee est allé pêcher sur les secteurs le weekend du 14 juillet pour avoir une 1ère approche du parcours. Je suis arrivé sur place le mercredi en début d’après-midi et avec mes compères, nous avons pêché le petit lac où nous avons vu la présence de quelques chats, et pas mal de petites plaquettes de 20 à 150gr. Le jeudi matin nous avons pêché le grand lac qui s’est avéré très poissonneux avec de beaux gardons, des gros yeux, quelques plaquettes et des chats. J’ai consacré le jeudi après-midi à monter mes lignes.

Déroulement des manches

Pour la 1ère manche je me trouve au petit lac secteur Dordogne, stratégie simple, une amorce type gros gardon et terre de rivière pour fixer les chats et une amorce qui tâche et travaille vite pour les plaquettes sur un même coup à 17m. J’ai pêché les plaquettes avec un flotteur en plume de paon de 5gr et quasiment pas de plomb sur la ligne, mais la pêche était irrégulière. J’ai comblé les trous sur les plaquettes en pêchant les chats avec une ligne un peu plus lourde. Je finis la manche avec 85 poissons pour 4230gr pour une place de 2ème sur 12 battu par une pêche avec un sandre de plus de 4kg. Lors de la 2ème manche, je me situais sur le petit lac secteur Lot et Garonne, la même stratégie que la veille. J’ai attaqué en prenant de petites plaquettes d’environ 25gr à une bonne cadence, les essais aux chats infructueux, je me suis concentré sur ces poissons en essayant de rater le moins de touches possible. Je finis la manche avec 151 poissons (aucun chat) pour 3920gr, une place de 4/12 avec 2 pêcheurs devant moi qui ont pris des carpes. Au classement intermédiaire je suis 3ème avec 6 points, idem que le 2ème et Stéphane Pottelet en tête avec 5 points. Il faut réaliser une grosse 3ème manche pour espérer un beau résultat.

Manche décisive

Je me retrouve au numéro 3 secteur grand lac, à priori une place susceptible de permettre un bon classement. Stratégie différente, une amorce plus riche, pas traçante, avec de la terre de rivière pour bloquer. Je pensais pêcher à 17m, mais le 1 et 2 ont pêché plus loin j’ai donc rallongé à 20m. J’ai commencé la pêche avec un paon de 8gr avec 2 gr sur la ligne, et les touches étaient en nombre mais beaucoup de ratés. Il a fallu vite trouver la meilleure disposition de plombée pour rater le moins possible, plusieurs plombs de touches et un poisson presque à chaque touche. Lors des 2 premières heures, la pêche était constituée de gros gardons et gros yeux. Puis les chats sont arrivés en nombre et là, une ligne en coulissant avec 10gr (pour 1m80 de fond) m’a permis d’aller assez vite et surtout rater le moins possible car nous étions nombreux dans le secteur au coude à coude en nombre de poissons. Une manche stressante mais où il ne fallait rien lâcher, au final 173 poissons pour 10230gr (4600 de blancs et 5630 de chats) et une gagne de secteur d’une courte tête. Il ne restait plus qu’à savoir ce que les 2 autres pêcheurs qui composaient le podium avait fait. Après quelques appels aux copains répartis sur les autres secteurs, c’est avec une immense joie que j’ai compris que j’allais devenir le nouveau champion de France moulinet 2017. Je n’ai pas réalisé tout de suite, un sentiment bizarre comme d’attendre la proclamation des résultats pour être sûr que ça soit moi. Mais les félicitations des anciens champions et autres pêcheurs m’ont vraiment fait plaisir. C’est au retour de ce week-end et les marques de sympathie reçu sur les réseaux sociaux que j’ai réalisé l’importance de ce titre.

Remerciements

Je tiens d’abord à remercier mes parents et surtout mon père qui m’a beaucoup aidé à mes débuts. Je remercie également, ma femme et mes enfants qui me laissent partir même si ce n’est pas facile pour eux. Mon coach du week-end, Roland, toujours fidèle au poste pour m’aider lors de mes championnats. Mais aussi, Damien (10ème et maintenu, bravo !!), Olivier, Jean-David (descendants mais qui reviendront), Catherine et Kilian pour les 5 jours passés sur place. Merci aussi à Stephane Pottelet de ton soutient et surtout de nous avoir accueilli dans la famille Garbolino, marque qui nous propose du matériel de qualité nous permettant de pêcher dans les meilleures conditions. En Effet nous étions 4 du team Garbolino 38 à participer à ce championnat, il faut avoir de la réussite pour arriver à ce niveau, mais nous faisons preuve d’une forte motivation à progresser et côtoyer les meilleurs que ce soit pendant les championnats ou les grosses épreuves et autres concours. Nous sommes un petit club d’une dizaine de pêcheurs, une bande de copains depuis de nombreuses années. Nous échangeons beaucoup et essayons de progresser tous ensembles tout en prenant du plaisir à être au bord de l’eau pour pratiquer notre passion. Au sein de notre club il y a une concurrence seine et une émulation qui nous permettent de nous améliorer. »

Matériel utilisé par Ludovic

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Après Diego Da Silva, c’est au tour de Stéphane Pottelet de décortiquer le championnat d’Europe 2017. Il revient en détail et avec beaucoup de réalisme sur cette première épreuve phare du calendrier international.

Introduction

L’épreuve se disputait cette année sur le canal Bianco sur la commune d’Adria dans la banlieue de Venise. Le parcours sélectionné, un canal d’une bonne centaine de mètres de large avec un fond de 3m50 à 5m00 à 13 m et soumis à d’importantes variations de courant et de hauteur d’eau dû à la proximité de la mer et donc de l’influence des marées. Les poissons dominants sont des brèmes et silures, ces derniers n’étant pas comptabilisés pour l’épreuve.

Quels enseignements as-tu pu tirer des entrainements ?

« Nous étions confrontés à un parcours en perpétuel mouvement. Les entrainements du lundi au jeudi ont été disputés sous l’influence de la marée montante, de ce fait, peu de courant et parfois ce dernier était inversé. L’emploi de ligne de 0.8 à 6gr était de rigueur. Les brèmes acceptant plus facilement une ligne bloquée a conduit la plupart des équipes à opter pour une pêche au flotteur plat. Au niveau des esches, les vers de vase et le ver de terreau semblait le menu préféré de nos compagnons de jeu. Le rappel à la main était à proscrire sous peine d’attirer les silures et le recours à la coupelle comme souvent s’est avérée une obligation. Niveau amorce : de la terre, encore de la terre et un petit peu d’amorce. 2 Kg d’amorce seulement sur les 20 litres autorisés. La distance de pêche se situait entre 11m50 et 13m00 et le staff a vu apparaitre le jeudi une pêche à mi-distance (7-9m), pêche à laquelle les membres de l’équipe croyaient peu…

Comment s’est déroulée la 1ère manche ?

Pour ma part, j’ai hérité du secteur C dans la partie amont. Niveau marée, nous allions être confrontés à une pêche en marée descendante donc nous devions nous attendre à plus de courant. Afin de pouvoir m’adapter à toutes les situations j’avais décidé de monter pas moins de 12 kits (9 pour le large et 3 pour la mi-distance). Les lignes s’échelonnant de 1gr à 30 gr. Pour l’ amorçage, j’ai opté pour un amorçage massif sous la 13m, 7 litres sous la forme de mandarines envoyées à la main couplée à 6 coupelle de terre farcie d’esches, pour la mi-distance 10 boules ont été déposées à la coupelle. Je débutais la manche au large et malheureusement sans touche sur les premières coulées. Au bout de 10 minutes je ferre mon 1er poisson à savoir une plaquette de 250 gr. Puis les minutes s’égrènent sans la moindre touche. Mes 2 voisins Russe et Biélorusse enregistrent des prises régulières et au bout d’une heure de pêche j’ai 5/6 poissons de retard. Devant cette absence de poisson sur mon coup principal je décide de revenir sur celui à mi-distance. Je prend un petit plat de 3gr et à la première coulée, je loupe une touche, à la seconde également, la 3ème sera la bonne je prendrai une bordelière de 80 gr. Je décide de prendre une ligne légère et de pêcher à passer et là je mets au sec régulièrement des prises de 50 à 120 gr. Mes voisins enregistrent moins de touches mais chaque prise fait entre 200 et 800 gr. Bref je n’arrive pas à combler mon retard bien au contraire. Je décide de repartir au large et malheureusement mon coup semble désespérément vide. Je reviens sur le bord avec une toute autre approche je saisi le 6gr plat et décide de pêcher à caler avec de petits vers de terre et là quelques minutes plus tard je prends des poissons plus gros. Une 1ère plaquette de 400 gr, une autre de 600, une troisième de 400 rejoignent la bourriche, vite accompagnées par une autre de 1,2 kg. Je reprends de nombreuses places en fin de manche. Je termine avec plus de 6,5 kg et obtiens une 6ème place de secteur sur 24. Je réalise un meilleure score que mon voisin Biélorusse mais mon autre voisin termine 3ème de secteur. Les résultats des autres membres du groupe France arrivent et nous réalisons une très belle 1ère manche avec une 3ème place au classement provisoire avec 31 points (3-4-6-6-12), derrière les belges qui affichent 14 points et les italiens 26 mais loin devant les 4ème les Biélorusses avec 48 points. Le podium semble plus qu’accessible.

Déroulement de la seconde manche

J’hérite de l’aval du secteur B, le B3. La veille, cette place était occupée par un pêcheur portugais qui avait terminé à la 17ème du secteur sans réussir à prendre un poisson au large dixit les commissaires italiens présents sur le secteur la veille. Tout comme la veille, je décide de faire 2 coups en utilisant la même stratégie d’amorçage à 9m et en amorçant légèrement en retrait sur le coup du large. Je débute la manche au large et malheureusement pas de touche, le coup semble totalement désert, le courant est vif et j’ai besoin d’utiliser le 30 gr pour tenter de bloquer. Je décide donc de venir en bordure pour décapoter et faire des points et là …. Pas de touche également. Les minutes passent et les bourriches restent vides, 20, 30, 40 minutes toujours pas de touche. Dans le secteur les pêcheurs n’ont pas trop de touche mais certains ont 7/8 poissons et la moyenne est à 3 prises. 45ème minute première touche à mi-distance, une plaquette de 250 gr, 3 coulée après une seconde du même poids et 5 minutes plus tard un carassin de 500 gr. Je termine la première heure avec environ 1 kg et je me situe dans le milieu de tableau. Je débute le 2ème heure avec plein d’espoir malheureusement les poissons semblent avoir désertés à nouveau le coup, il me faudra attendre 30 minutes supplémentaires pour enregistrer une nouvelle touche, c’est encore un carassin de 500 gr qui rejoint ses congénères, la coulée suivante je casse sur un joli poisson et plus aucune touche, la 3ème heure c’est la traversée du désert : capot. J’ai rétrogradé au classement je me situe entre la 18ème et la 22ème place du secteur. Je tente de construire mes coups au large et à mi-distance avec l’apport régulier de coupelles mais rien n’y fait. A 20 minutes de la fin je décide de changer radicalement d’option et décide de rappeler à la main au large. A la 3ème boule j’enregistre ma première touche au large sur mon 30 gr, un brème de 800 gr rejoint ma bourriche, j’insiste avec le rappel à la main j’ai une seconde touche que je loupe. La manche se termine et j’ai 5 malheureux poissons dans ma bourriche. La balance affiche 2,3 kg ce qui me permet d’obtenir une 13ème place de secteur, bien meilleure que mes voisins directs (Biélorusse encore et Luxembourgeois) qui terminent au-delà de la 20ème place.

Bilan des deux jours

Les résultats des membres de l’équipe arrivent au compte-goutte, La France termine cette manche avec 55 points (4-10-12-13 et 16) en ayant quasiment battus tous ses voisins directs. Les belges n’arriveront pas à faire mieux sur cette manche avec 57 pts. Les Italiens sont annoncés rapidement champion d’Europe par équipe et les amis belges devancent les Hongrois d’une paire de points. L’équipe de France termine à une honorable 5ème place. Un résultat décevant au regard de son classement de la première manche mais tout à fait honorable.

D’après toi qu’a t-il manqué à l’équipe de France pour décrocher une médaille par équipe ?

Un peu plus d’expérience sur ce parcours en marée descendante. Je pense que lors de la seconde manche les poissons étaient moins loin qu’à la première car le courant était plus vif. Si cela était à refaire je préparerai le coup à mi-distance à 6.5m/7m au lieu de 9m et celui du large entre 11 et 11m50. Je voulais vivement remercier Daniel et Mauricette MOMEJA pour leur dévouement et leur soutien ainsi que Frédéric FOURMY qui m’a coaché sur ce championnat.

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Interview du capitaine de l’équipe de France

Ce championnat d’Europe 2017 était le baptême du feu pour le nouveau capitaine de l’équipe de France, Paul-Louis Lafont. Après de longues années passées au sein de l’équipe de France en tant que pêcheur, il revient pour nous sur cette première expérience en tant que manager. championnat-europe-peche-au-coup-paul-louis-lafont-1

Première expérience

Ma première expérience en tant que capitaine de l’équipe de France séniors, s’est dans l’ensemble plutôt bien passée. Je connaissais bien la plupart des pêcheurs sélectionnés pour avoir pêché avec eux pendant plusieurs années en équipe, et ce, jusqu’à encore l’année dernière. J’y ai intégré des jeunes, certains pour pêcher, d’autres pour coacher, qui ont su rapidement s’intégrer au groupe, et là, j’en suis vraiment satisfait.

Faire abstraction du passé

Même à chaud et au lendemain seulement de ce championnat d’Europe, je ne me retourne que très rarement sur le passé, que ce soit dans la vie privée, professionnelle ou sportive, la page est tournée et si nous voulons aller de l’avant, seul le présent et le futur ont de l’importance. Maintenant, étant un gagneur dans l’âme, je ne peux pas être entièrement satisfait de cette 5ème place, bien que ce soit un bon résultat, il ne faut pas oublier que nous étions 3ème à l’intermédiaire. championnat-europe-peche-au-coup-paul-louis-lafont-3

Manque de pratique en rivière

L’approche tactique était bonne, la première manche nous l’a prouvé. Il n’y avait rien à changer pour aborder la seconde. Je pense que nous sommes un peu en dessous de certaines équipes lorsqu’il s’agit de pêcher véritablement en rivière, nous n’y pêchons plus depuis bien des années et il est clair que cela nous a manqué pour prendre le peu de poissons qui nous auraient permis de « gratter  » quelques places. Dix points pour le podium sur des secteurs de 24 en deux manches, ce n’est vraiment pas grand-chose. Les équipes qui sont devant ont eu l’occasion de pêcher le parcours à plusieurs reprises et cela leur a certainement permis de mieux appréhender les changements de courant et de niveau d’eau, dû aux marées. championnat-europe-peche-au-coup-paul-louis-lafont-5

Construction de l’avenir

J’espère maintenant que nous aurons l’occasion de vite retrouver des championnats de France en rivière, avec du courant et pas des parcours où l’on peut caler sa ligne avec un flotteur de moins d’un gramme. D’ailleurs, j’avais déjà prévu depuis le début de l’année, de faire une ou deux épreuves avec l’équipe de France au complet, sur des pêches de ce type. championnat-europe-peche-au-coup-paul-louis-lafont-4

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Diego est un pilier de l’équipe de France et compte parmi les pêcheurs les plus expérimentés non seulement au niveau national mais aussi international. C’est avec sa précision habituelle qu’il nous rend compte de la stratégie employée lors de ce championnat d’Europe 2017.

Deux coups

A l’issue des entrainements, nous avons déterminé qu’il était nécessaire de préparer deux coups. Le premier situé entre 6 et 9mètres du bord en fonction de la profondeur et le second à 13 mètres. Nous avons jeté quelques boules d’amorces sur chaque coup et concentré les esches avec de la terre à la coupelle lors de l’amorçage principal. La gestion des esches était primordiale pour s’assurer un entretien constant des deux coups. championnat-europ-peche-au-coup-diego-da-silva-3

La première manche : Une pêche rythmée

Après quelques coulées au large à 13m sans enregistrer la moindre touche, et comme tous les pêcheurs visibles dans le secteur,  je me suis vite rabattu sur le coup de bordure afin de prendre quelques poissons où mon voisin de droite avait réussi à prendre quelques plaquettes. Je l’ai vite rattrapé et dépassé mais il me fallait entretenir, c’est à dire construire le coup du large en y apportant les esches nécessaires pour attirer et maintenir quelques brèmes. Le coup de bordure s’épuisant, j’ai décidé d’aller au large et de pêcher plus agressivement: c’est à dire de déposer des coupelles très régulièrement à un rythme soutenu. J’ai encore accéléré lorsque les touches sont enfin arrivées. Comme je l’avais vu aux entrainements, la pêche pouvait se faire dans la dernière heure et rien n’était vraiment perdu avant. Le courant n’avait rien à voir avec celui de la semaine et il a fallu vite s’adapter. Alors qu’en semaine, nous avions utilisé des flotteurs portants entre 1gr et 10gr, le jour J, j’ai dû pêcher avec des modèles de 20, 25 et 30gr plat. J’ai subi un manque cruel de touches pendant 20minutes. Une casse sur un gros poisson qui vraisemblablement était le gêneur, a fait réapparaître les touches. La perte d’une belle brème à portée d’épuisette me coûte sans doute aussi un point. championnat-europ-peche-au-coup-diego-da-silva-2

La seconde manche

Je l’ai abordé de la même manière que la première sauf que j’ai été contraint de faire la bordure à 10m. Le fond chaotique ne me permettait pas de la faire plus près. J’ai pris quelques poissons plus gros que la veille mais le coup s’est rapidement essoufflé. J’ai dû pêcher comme la veille à 13m avec la même puissance de courant. Cette fois-ci, je ne pouvais pas casser car j’avais prévu des bas de ligne plus forts. Lors de cette seconde manche, le courant s’est complètement arrêté à 10mn de la fin et j’ai dû régler une ligne plus légère qui m’a malheureusement fait perdre du temps. Le niveau descendait de presque 80cm et une brème de plus pouvait me faire gagner le secteur suivant sa taille et j’ai manqué peut-être cette ultime touche dans les 5 dernières minutes.

Feed back : Une pêche toute en patience

Si je devais refaire le championnat, je pêcherais de la même manière en abordant les deux coups de la même façon mais partirais plus tôt au large. Avec le recul, je me suis aperçu que le réglage de la traîne avait encore une fois une énorme importance sur les touches. Malgré la pige de mesure que nous avions installée, il fallait s’efforcer de reprendre le fond qui changeait sans cesse. Seul un réglage optimal, permettait de provoquer une touche et surtout de ne pas harponner ou manquer le poisson. Cette pêche nécessite de la patience car il s’agit de construire un coup et tout peut se jouer dans les derniers instants. Il m’a manqué un peu de réglages car les conditions du courant du championnat n’étaient pas les mêmes que la semaine. championnat-europ-peche-au-coup-diego-da-silva-4

Matériel utilisé par Diego

Bilan

L’équipe de France finit 5ème de ce championnat et Diego à la 9ème place au classement individuel, soit le meilleur français. Considérant qu’il n’existe plus de « petites nations », cette nouvelle place dans le top 10 des pêcheurs français conforte leur position et évidemment celle de Diego parmi les meilleurs également.