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En début de saison, malgré une météo parfois printanière, la température de l’eau possède un nombre à un seul chiffre dans la plupart des cas. Les truites, qu’elles soient sauvages ou introduites, rechignent encore à godiller dans les courants. On les trouve préférentiellement au niveau des zones amorties. C’est particulièrement le cas dans les cours d’eau de régime nival influencés par la fonte des neiges. Cette thermie ralentit leur métabolisme, ce qui induit des phases alimentaires courtes. Le reste du temps, les poissons sont abrités dans les caches. A cette période, les truites ne s’en éloignent guère et chassent à proximité (on comprend alors pourquoi les « postes mixtes » évoqués dans l’article « comprendre les postes » sont les meilleurs). L’équation à résoudre est donc simple : amortis + caches = bordures. A quelques exceptions près, ce sont les seules zones de la rivière qui couplent ces deux paramètres qu’il est indispensable de rechercher pour prendre des truites en mars/avril.

Des bordures oui, mais pas n’importe lesquelles :

Toutes les bordures sont loin de sa valoir et divers paramètres les discriminent, entre autres l’accessibilité, le nombre de caches et la proximité avec une veine porteuse. L’archétype de la bordure porteuse est constitué d’une veine amortie molle d’environ 50 cm de profondeur, parsemée de blocs importants, située au niveau d’une berge inaccessible à la ripisylve dense, à proximité immédiate d’une belle veine porteuse puissante. Elle nécessite des lancers parfois longs et précis pour être correctement exploitée. Les moins régulières sont plus accessibles (présentes au niveau de la berge où le passage est évident), parsemée de galet ou de sable fin (elles sont colonisées uniquement par des poissons bien décidés à s’alimenter), sans végétation protectrice. Entre ces deux extrêmes se déclinent une nombre infini de zones aux caractéristiques variées qu’il est bon d’explorer en leur consacrant un temps proportionnel à leur attractivité.
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La bordure d’en face présente des caches, une veine pas trop puissante et sa berge est inaccessible : c’est un aimant à truites !

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Une bordure assez accessible et sans cache importante, à explorer rapidement….

Avec quelles techniques ?

Rien de révolutionnaire à ce niveau, les techniques intensives, qui permettent de fouiller minutieusement ces portions chaudes, sont toutes indiquées. Le toc est bien sur roi dans ces conditions (il excelle dans les pêches précises et insistantes), mais le vairon s’en tire bien également, surtout si les truites sont dans la cache (un poissonnet dandiné à l’entrée reste inégalé). Une canne suffisamment longue permet de porter efficacement le montage afin qu’il reste au maximum dans la zone amortie (le courant proche ne vaut rien à cette saison). Les adeptes de téléréglables seront à leur aise. Pour les cannes type anglaise, les longueurs supérieures à 3.50m sont nécessaires.

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Truites surdensitaires : misez sur l’agressivité !

Les truites d’élevage fraîchement introduites dans les cours d’eau de première catégorie présentent un comportement singulier, inhérent à leur naissance en pisciculture : elles sont actives précocement et réagissent très bien à l’agressivité. Ainsi, alors que leurs consœurs endémiques sont ramollies par la conjoncture eau froide/sortie de reproduction, la capturabilité de ces poissons demeure importante. ouverture-truite-peche-4 Pour espérer croiser leur route, il faudra les rechercher sur les parcours spécifiques où ils sont déversés, généralement faciles d’accès et bien répertoriés sur les dépliants des fédérations de pêche. Au niveau des dit-parcours, il est important de rechercher systématiquement les zones les plus profondes et lentes (si la rivière est située en montagne), ainsi que les coups marqués près des berges, où ces truites grégaires se regroupent souvent. A mesure que la journée avance, on privilégiera les postes les plus encombrés et éloignés qui supportent mieux la pression de pêche.

Un calme profond en bordure : un excellent coup !

Si toutes les techniques sont susceptibles de les faire mordre (la sélectivité n’est pas leur caractéristique première), l’optimisation pousse à utiliser celles qui tiennent compte de leur comportement joueur. Ainsi, on utilisera au maximum le stimulus vibratoire et l’animation.  La pêche aux leurres est ainsi toute indiquée. Des cuillères de numéro 2 au moins (pour présenter une belle bouchée) ainsi que des poissons nageurs suspending ou coulant selon la profondeur, de 5 à 7 cm sont tout indiqués. ouverture-truite-peche-3   En ce qui concerne la pêche aux appâts naturels, la technique reine est le vairon mort manié. Le pêcheur au toc de son côté, devra oublier les belles dérives naturelles au profil de l’utilisation de plombées lourdes de plusieurs grammes, permettant d’animer les montages et de faire tourner les appâts à la récupération (lorsqu’on pêche à la teigne par exemple, l’une sera enfilée, l’autre épinglée). Cet aguichage est bien plus rentable que la pêche en dérives naturelles !

Truites sauvages : éloge de la lenteur.

En mars, les truites sauvages sortent de la période de reproduction. Elles sont amaigries, peu mobiles et assez confinées aux abords des caches. Leurs périodes alimentaires sont assez courtes (le temps de digestion est rallongé par eaux froides) et coïncident souvent avec les heures les plus chaudes de la journée (le créneau 12-16h est le meilleur). ouverture-truite-peche-1 On les trouvera principalement sur les bordures, au niveau des zones amorties. Les portions de rivière qui présentent un grand linéaire de ce type sont les meilleures. Dans les régions montagneuses, ces configurations sont situées au niveau des parties élargies et moins pentues où le courant s’assagit. Les techniques de pêche doivent permettre de peigner méthodiquement ces zones porteuses en présentant l’appât au ras du fond. En mars, les poissons sont souvent regroupés au niveau des rares zones porteuses.

Une bordure amortie parsemée de blocs qui mérite qu’on s’y attarde

Rien ne sert de courir, une fouille méticuleuse des postes favorables est plus rentable qu’une grande course (surtout lorsqu’on tient compte de la fréquentation assidue des berges). 200m propices peuvent sauver votre journée d’ouverture! Pour cette pêche intensive, le toc en dérive naturelle et le vairon manié sont les mieux indiqués. Les plombées doivent être suffisantes pour maintenir l’appât près du fond sans (trop) s’accrocher. ouverture-truite-peche-5 La plombée au toc doit être basse et concentrée (voir l’article toc : comment choisir sa plombée ?) ; les grammages de la monture Plasseraud iront généralement de 2 à 5 gr suivant le débit. Dans les deux cas, la dérive est ralentie au maximum (l’appât doit évoluer moins vite que le courant de surface), quitte à couper légèrement les veines d’eau. Les meilleurs appâts sont les classiques vers et teignes. Bonne ouverture à tous ! ouverture-truite-peche-2

Ailleurs sur le site, quelques conseils pour réussir votre ouverture de la truite :

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Les pluies printanières couplées au redoux déclencheur de fonte des neiges induisent souvent des eaux fortes et froides en avril/mai.

Ainsi, le pêcheur aux appâts naturels devra accorder son matériel et sa prospection à cette donne singulière. Voyons comment y parvenir : truite-au-toc-peche-appats-naturel-3
  • L’adaptation à la hausse des niveaux passe en premier lieu par l’utilisation d’un matériel solide, notamment en matière de nylon : du 16/100 en corps de ligne et un bon 14 en bas de ligne au toc ne sont pas superflus en pareilles circonstances. La canne devra être assez longue de façon à donner un bras de levier suffisant. Les veines favorables étant étroites en petits cours d’eau, il sera judicieux de « porter » suffisamment le montage pour pêcher creux, sans draguer, malgré des plombées assez lourdes. Les cannes téléréglables de 4/5m et à emmanchements d’environ 4m sont les plus adaptées. Pour les hameçons, évitez les modèles trop fin de fer et qui s’ouvrent. Une truite d’une trentaine de centimètres dans un fort courant met cette pièce à rude épreuve. On pourra les orner d’appâts classiques de début de saison (vers et teignes), qui conviennent dans l’immense majorité des cas.
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  • Au niveau des portions favorables, mieux vaut se diriger vers des secteurs d’ordinaire lents et homogènes où la hausse des débits décuple les qualités pêchantes, tout en favorisant l’approche des poissons. Ces portions élargies et moins pentues donnent le maximum de coups pêchables à cette période de l’année. Sur les secteurs classiques, les veines porteuses sont généralement confinées aux bordures. Les meilleures sont celles qui flirtent avec des caches. Les postes de type « bordures molles + caches » sont à rechercher en priorité à ce moment de la saison. L’avantage de ces niveaux extrêmes est la facilité avec laquelle on peut localiser les poissons : les truites sont regroupées au niveau des rares zones où le couple vitesse/profondeur leur convient !
Bonne pêche en eaux fortes ! L’équipe Garbolino truite-au-toc-peche-appats-naturel-1

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Spécialiste ou débutant dans une « technique truite », Guillaume Chavanne, notre guide de pêche sponso Garbolino vous propose une nouveauté lors de cette saison: testez une large gamme de matériel et de nouveautés Garbolino en situation et profitez des conseils d’un pro lors d’un guidage sur les rivières basques! Faire les bons choix techniques et stratégiques, avant et lors de votre sortie… l’une des clefs de vos succès futurs! Infos et réservations: Guillaume Chavanne – BASKPÊCHE www.guide-bask-peche.com 06 15 04 17 42 chavanne.guillaume@gmail.com Maison Etxegaraia – chemin de Olha – 64310 Sare Aff-Test-matos-garbolino-truite

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Montage Ouverture de la truite

Comment bien aborder son ouverture de la Truite ? Les 10 conseils indispensables de l’équipe Garbolino !

1) N’improvisez pas :

Pour l’ouverture de la truite, tenter le coup sur un parcours inconnu est une prise de risque importante. Aussi développée soit votre capacité d’anticipation, il est parfois impossible de prévoir précisément la topographie du secteur convoité à la simple lecture d’une carte IGN. Étant donné la rareté des portions favorables en mars (suffisamment molles pour être porteuses par eaux froides tout en étant assez peu accessibles pour décourager le gros de la troupe des pêcheurs), mieux vaut ne pas partir à l’aveuglette !

2) Fuyez la foule :

« l’enfer, c’est les autres », cette maxime prend tout son sens en ce weekend d’ouverture de la truite. Quelque soit le niveau technique des pratiquants présents, le piétinement intensif des berges nuit à la qualité de la pêche. Entre les pataugeurs invétérés, les ferrailleurs brutaux et les preneurs qui mettent au sec le peu de poissons disposés à mordre, les pressions que subissent les truites farios sont nombreuses et peu favorables à leur sortie durable. La fréquentation de secteurs préservés (gorges, ruisseaux nécessitant une marche d’approche, berges inaccessibles..etc.) décuple vos chances et doit être un leitmotiv ! Ouverture de la truite

3) Prévoyez du repli :

Dans la mesure du possible, il est bon de prévoir un panel de coins de pêche diversifiés (en matière de largeur, de régime d’écoulement…etc.) de façon à être capable de réagir face à tout imprévu. Un pêcheur qui vous devance subitement en ruisseau, un coup d’eau fortuit qui teinte le bassin versant, un lâcher de barrage qui anéantit votre après midi en grande rivière, autant de situations nécessitant une bonne réactivité. Dans l’idéal, on prévoira donc par exemple un parcours capté, une résurgence, un parcours compatible avec la pression de pêche pour le samedi après midi, un secteur de gorge…etc.

4) Ne vivez pas dans les souvenirs de la fermeture truite passée :

Celui qui aborde le premier jour de la saison avec la même logique que celle qui a clôturé la précédente risque de déchanter rapidement. Évanouies les truites postées dans le courant qui godillent devant les pierres à l’affût de la moindre larve d’insecte, des séries de poissons alignés dans les radiers maigres et rapides ! En mars, les farios (lorsqu’elles sont sauvages) sont généralement assez confinées aux abords des caches et, sauf conditions printanières et activité anachronique, la pêche se fait essentiellement « à gratter ». ouverture-truite-peche-garbolino-4

5) Prenez votre temps :

En rivières moyennes et grandes, vous serez forcément contraint de composer avec d’autres pêcheurs durant le weekend. Plutôt que de prendre part au défilé et se lancer dans une course effrénée à celui qui aborde le plus grand nombre de postes, mieux vaut les fouiner consciencieusement dans une approche intensive. En mars, l’insistance paye souvent. La distance de stimulation faible vous oblige à passer au plus près des poissons pour les déclencher. Ainsi, un nombre de coups de ligne relativement important est nécessaire pour chaque poste qui se présente, ce que les pêcheurs pressés négligent forcément !

6) Démarquez vous des autres :

Dès le samedi après midi, les parcours vierges seront quasi inexistants et les berges que vous foulerez déjà piétinées. Dans ce contexte, il est bon de prendre le temps d’observer l’attitude de ceux qui vous précèdent directement pour proposer autre chose aux truites (au niveau de la technique, de l’esche, du type de poste prospecté…etc.). Il est également judicieux de cibler les postes qui conservent encore quelques chances de capture après le passage de plusieurs pêcheurs, notamment les coups vastes et ceux difficiles d’accès, nécessitant des lancers lointains et précis (sous des frondaisons par exemple). ouverture-truite-peche-garbolino-5

7) Ne vous trompez pas de technique :

A l’ouverture de la truite comme durant le reste de la saison, toutes les techniques disponibles ne possèdent pas d’égales chances de réussite. S’il est assez difficile de prévoir l’efficacité de celles qui misent sur l’agressivité (notamment la pêche aux leurres, capable du pire comme du meilleur à cette période), celles qui proposent un stimulus alimentaire sont assez régulières en mars. Le pratiquant qui tente sa chance au toc prend peu de risque tant la faculté d’adaptation de cette technique est immense !

8) Ne ratez pas le coup de midi :

A cette saison, l’eau froide limite les ardeurs des salmonidés et toute inflation thermique de quelques degrés peut déclencher une période d’activité. De plus, le milieu de journée coïncide généralement avec des éclosions d’éphémères qui mettent les truites en appétit. L’appétence décuplée qui caractérise les poissons dans ces moments n’est pas seulement favorable au moucheur moucheur (quoiqu’une éclosion de march brown puisse totalement focaliser l’attention des truites et frustrer le non adepte du fouet) ; la rivière s’anime, les poissons se mettent en chasse : quelque soit la nature de ce qui orne votre hameçon, ne négligez pas ce créneau ! Ouverture de la truite  

9) Vérifiez votre matériel :

Le matériel qui dort tranquillement dans le garage depuis 6 mois mérite une petite vérification pré-ouverture : les éléments les plus sensibles sont les waders – un petit trou oublié durant l’hiver peut gâcher votre entrée en matière, prenez donc la peine de vérifier leur étanchéité  – et le nylon, surtout s’il est fluo, qui supportent plutôt mal la conservation et sera changé. Bien sûr, il va sans dire que le reste de l’équipement mérite également une petite révision !

10) Soyez modeste dans vos objectifs :

En mars, tout un tas de facteurs défavorables (eaux froides, niveaux variables, forte fréquentation) sont réunis pour vous compliquer la tâche. Ainsi, afin d’éviter une trop grosse désillusion qui entamerait votre motivation pour les mois à venir (qui sont bien sûr meilleurs), mieux vaut aborder cette journée rationnellement, sans objectif chiffré précis. La dimension spirituelle et la convivialité comptent également beaucoup en ce deuxième samedi de mars ! Bonne ouverture de la truite à tous ! L’équipe Garbolino ouverture-truite-peche-garbolino-6  

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L’été 2015 ne restera pas dans les annales en matière de pêche de la truite. La longue période de fortes chaleurs qui a touché la France a induit un étiage sévère dès la fin juin dans les régions dépourvues de hauts sommets. Cette conjoncture météorologique assez défavorable (et à plus long terme, sa prévisible récurrence) a rappelé les souvenirs nauséabonds de 2003  et ne fait que souligner la vulnérabilité des biotopes salmonicoles, que quelques années bien arrosées avaient pu faire sortir de nos esprits. 2015 ne nous aura donc pas fait ressentir la douce jubilation qui caractérise tout pêcheur de truite en présence d’une météo estivale morose, celle là même qui crée le désarroi des vacanciers (ce qui ne fait que confirmer le côté antisocial de notre activité) mais booste grandement l’activité des farios. La plupart de mes sorties se sont donc déroulées en montagne, où la température est restée relativement conforme aux exigences des salmonidés. Ainsi, l’été 2015 a été marqué par quelques bivouacs en lacs d’altitude : peche-truite-au-toc-garbolino5 peche-truite-au-toc-garbolino3 … quelques (rares) coups d’eau rafraichissant exploités aux appâts naturels : peche-truite-au-toc-garbolino13 peche-truite-au-toc-garbolino14 peche-truite-au-toc-garbolino17 … des sessions urbaines réussies : peche-truite-au-toc-garbolino9 peche-truite-au-toc-garbolino10 … des longs trajets en voiture dans des paysages Sergio Léoniens : peche-truite-au-toc-garbolino7 peche-truite-au-toc-garbolino6 … des sorties en binôme avec des potes souvent plus efficaces que moi sur les gros poissons : peche-truite-au-toc-garbolino16 peche-truite-au-toc-garbolino8 …des tests de protos de la gamme Garbolino Altima 2016 : peche-truite-au-toc-garbolino15 … des coups du soir tardifs en sèche et les traditionnelles photos pourries qui les accompagnent : peche-truite-au-toc-garbolino11 peche-truite-au-toc-garbolino12 … quelques flirts avec des bien portantes : peche-truite-au-toc-garbolino18 peche-truite-au-toc-garbolino19 Et enfin, les traditionnelles sorties détente au saumon de fontaine : peche-truite-au-toc-garbolino2 peche-truite-au-toc-garbolino1 … un été assez classique en somme ! A bientôt

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Retour sur un coup du soir au toc de septembre :

Il est 17h30 quand je débute la pêche ce soir là. En cette mi-septembre, les conditions hydrologiques étaient, jusqu’à la nuit dernière,  de saison : des eaux claires, basses et relativement froides (nous sommes repassés en dessous des 10°C en montagne suite au sérieux rafraîchissement des nuits depuis la mi-août). Toutefois, de récentes précipitations ont provoqué une montée des eaux brutale et en cette fin de journée, les niveaux sont sur la baisse mais encore forts. Les cours d’eau du bassin versant sont teintés. Considérant que la turbidité nuit vraiment à la lecture d’eau, je choisis le cours d’eau du BV qui s’éclaircit le plus vite. La teinte de l’eau y est plus gris ardoise, et non marron comme sur certains de ses voisins. Le succès d’une partie pêche lors d’un crue est avant tout une affaire de timing, car suivant la saison, la durée de présence d’eau turbide et l’inertie du coup d’eau (principalement conditionné par la nature du sol et la saison), les poissons s’alimentent plus ou moins longtemps. Le meilleur moment selon moi, est la décrue. En effet, si une activité importante est possible à la montée, elle est souvent de courte durée, les conditions de chasse se dégradant rapidement à mesure que la turbidité augmente. La pêche n’est pas extraordinaire lorsque les eaux charrient et devient bien meilleure lorsqu’elles commencent à s’éclaircir. De plus, le timing est parfois dur à prévoir dans la mesure où les poissons s’alimentent de façon plus ou moins longue à la décrue, et il est possible d’arriver après la bataille… revenons au bord de l’eau : Arrivé sur les lieux, je constate que le niveau est fort comme prévu, mais la teinte tout à fait compatible avec une pêche au toc assez classique, au ver. La pente est relativement importante sur ce torrent de montagne. Je choisis donc un secteur d’ordinaire assez assagi et homogène de façon à bénéficier de nombreux coups porteurs dans les eaux fortes. Je débute la pêche en testant, comme à mon habitude, un maximum de postes différents, tant en termes de profondeur, de vitesse de courant que de distance aux caches, afin de dégager une éventuelle tendance et donc un moyen d’optimiser la prospection en se focalisant sur la configuration porteuse. La rivière semblent vide durant plus de demi-heure, les petits radiers maigres en bordure (souvent plébiscités par des poissons en chasse dans l’eau teintée) ne rapportent rien, tout comme les coups marqués près des caches, aussi alléchants soient-ils : peche-truite-au-toc-garbolino26 J’arrive alors sur une lame marquée de profondeur moyenne, balayée d’un courant parfaitement laminaire sans turbulence. Le substrat hétérogène laisse supposer la présence de nombreux amortis près du fond, donc autant de postes de chasses potentiels (les caches sont situées en tête et sur la bordure opposée, assez loin). peche-truite-au-toc-garbolino21 Effectivement, je prends rapidement une touche que je manque, puis un premier joli poisson se rend : peche-truite-au-toc-garbolino20 Une truitelle touchée au coup de ligne suivant m’encourage à serrer la prospection et multiplier les passages entre les blocs proéminents immergés. Ce sont finalement 4 truites maillées qui se rendent sur cette portion de 15m, en l’espace d’une quart d’heure. peche-truite-au-toc-garbolino22 Je poursuis ma progression et retrouve une configuration plus classique en amont, que je saute allègrement canne en main, en donnant quelques coups de ligne par acquis de conscience sur les postes les plus prometteurs. Ils resteront tous vains : peche-truite-au-toc-garbolino23 Je ne connais pas le haut du secteur et remonte donc canne en main, m’arrêtant de moins en moins souvent : mes tentatives avortées me persuadent que le salut passe par la recherche de l’unique configuration qui m’a rapporté quelques poissons : une lame marquée, de profondeur faible à moyenne (moins du mètre) qui tire droit et sans turbulence. Après une grosse demi-heure d’avancée stérile, un nouveau coup similaire se profile : peche-truite-au-toc-garbolino27 Je serre d’entrée de jeu en lignant dès la fin du pool de façon à peigner toute la zone, par coups de ligne parallèles. Les poissons répondent aussitôt présents et 4 truites supplémentaires rentrent, dont une dernière bien nerveuse : peche-truite-au-toc-garbolino28 Au final, 8 poissons en 1h30, plus de 1km de rivière parcouru et des touches sur moins de 100m. Un tel coup du soir illustre parfaitement l’importance de la stratégie en matière de pêche de la truite, surtout lorsque le temps de pêche imparti est limité. Malgré l’omniprésence de la technique dans les considérations de nombreux pratiquants (notamment la sacro sainte plombée), la façon de construire sa partie de pêche demeure le principal facteur de réussite. Ce soir là, un simplissime « 4 plombs de 6 » ont amplement suffi à présenter l’appât de façon naturelle et l’important était ailleurs ! A bientôt Simon SCODAVOLPE

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 » Une vie de pêcheur de truite, c’est combien de mois de juin ?  » Cette phrase sortie de la bouche d’Olivier Plasseraud il y a quelques années, alors qu’il évoquait  ce rendez vous saisonnier incontournable, résonne souvent dans ma tête en début d’été. La question mérite d’être posée, tant nous sommes tous dans l’obligation de composer avec des éléments de la vie courante qui ont la fâcheuse tendance à limiter notre temps de pêche effectif (tout un chacun possède malgré tout, quoiqu’on en dise, un pouvoir décisionnel réel afin de les marginaliser, ce à quoi je m’emploie sans relâche). Nous avons tous de bonnes raisons de déserter les berges à certains moments de la saison. Toutefois, je les trouve subitement frivoles dès qu’une conjoncture favorable se dessine. C’est le cas en juin :
  • Plutôt qu’une désignation temporelle figée,  l’expression « fin de la fonte des neiges » semble plus adaptée à la réalité écologique du propos. En effet, nous traitons ici de cette fameuse période transitoire entre les eaux grises et hautes du printemps et le mince flux limpide de l’étiage estival. Elle survient généralement courant juin sous nos latitudes. Durant ce créneau (dont la durée varie de quelques jours à quelques semaines suivant le stock de neige initial et l’évolution de la météo après les premières chaleurs déclencheuses de la fonte), les niveaux sont tendus mais sur la baisse, la température remonte progressivement vers la sacro-sainte douzaine de degrés et la turbidité de l’eau se retrouve plus en conformité avec le mode de chasse de la truite. Ces dernières se montrent plus vaillantes qu’en Mars et moins tatillonnes qu’en Août. Leurs phases d’alimentation sont longues, intenses et leur régime assez peu discriminant. De par la prédominance d’un couple vitesse/profondeur important, les poissons sont encore assez localisés sur les bordures, la lecture d’eau et la stratégie de pêche deviennent alors limpides. De plus, la concurrence est curieusement faible à cette période, les assommeurs d’arc en ciel post ouverture ayant terminé leur besogne et les juillestistes n’étant pas encore là. Juin a tout pour plaire.
 
  • En début de période, il conviendra de sélectionner les sections assez élargies, compatibles avec les forts niveaux ; avant de se diriger progressivement vers les portions plus pentues à mesure que le débit diminue (de façon à prospecter chaque secteur en présence du couple vitesse/profondeur idéal qui lui sied). Connaître une rivière à truites n’est pas seulement une affaire de technique porteuse ou de comportement singulier des poissons comme on l’entend souvent, c’est aussi et surtout intégrer précisément l’évolution de la topographie le long du gradient amont/aval (y compris les micro-tronçons singuliers souvent névralgiques).
  En 2015 dans les Alpes du Sud, cette période bénie fut brève, relativement à celles des deux dernières années. De façon générale, plus les eaux grises se maintiennent longtemps, plus l’activité des truites à l’éclaircissement est importante et durable. Les hivers sans neige font aussi notre désarroi. Quelques photos d’ambiance : Pêche-de-la-truite-en-Juin-Scoda.8 Pêche-de-la-truite-en-Juin-Scoda.4-1024x768 Pêche-de-la-truite-en-Juin-Scoda.5-1024x768 Pêche-de-la-truite-en-Juin-Scoda.1-768x1024 Pêche-de-la-truite-en-Juin-Scoda.2-1024x768 Pêche-de-la-truite-en-Juin-Scoda.3 Pour le pêcheur au toc, l’heure n’est pas encore aux lignes ténues du mois d’août et toute finasserie est inutile (et même une erreur face à des truites vigoureuses dans des courants importants) : un bon 14 en bas de ligne est un minimum. En rivière moyenne, il est souvent nécessaire de faire traverser la lame centrale violente aux poissons piqués sur la berge opposée. Ainsi, une bonne réserve de puissance sur le bas du blank de canne évite de se faire balader par tout poisson de taille décente. L’extrême trout 3.50m est parfaite pour les pêches amont à cette période (elle offre un bras de levier suffisant pour pêcher creux dans les postes restreints à 7/8m, tout en étant très confortable). Au niveau des appâts aussi, il est bon d’adapter leur nature et leur taille à la prédation du moment. Les vers de taille moyenne ont souvent les faveurs des truites quand l’eau est encore mâchée puis ils seront relayés par des esches plus petites à mesure que l’étiage s’installe. L’abondance de trichoptères dans les rivières que je fréquente facilite considérablement le choix : A bientôt Simon SCODAVOLPE