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La pêche de la truite dans les Pyrénées, est pour l’auteur un vrai retour à la maison. Suivez- le au gré d’un séjour dans les Pyrénées Orientales le long de la frontière Franco- Espagnole.

Pêche de la truite dans les Pyrénées: Back at Home

Tout pêcheur un tant soit peu assidu acquiert au fil des ans un panel de coins de pêche entre lesquels s’établit une hiérarchie selon des critères assez subjectifs. Les meilleurs sont souvent rattachés à des souvenirs d’enfance, ou, lorsqu’ils sont découverts plus tardivement, possèdent certaines caractéristiques essentielles qui les propulsent au pinacle de notre panthéon personnel. Personnellement, après une quinzaine d’années d’exploration tous azimuts, chaque sortie dans les Pyrénées devient synonyme de retour « à la maison ». Donc il possède un parfum tout particulier. Si de nombreux petits cours d’eau des Hautes Alpes supplantent les coins pyrénéens de mon enfance en termes de qualité de pêche à proprement parler, peu d’endroits égalent la diversité et le caractère des régions de la chaîne franco-espagnole.

Ouverture de la truite en lacs de montagne

Cette année, l’ouverture en lacs de montagne dans les Pyrénées m’a permis de retrouver quelques vieux potes. Pour un week-end partagé entre plans d’eau et rivières, prélude d’une semaine chargée avec un interlude espagnol, avant une dernière sortie catalane côté Français cette fois. La présence dans nos rangs d’un individu (dont l’appartenance à un grand groupe de pêche en vogue dans le monde des carnassiers m’empêche de divulguer l’identité), à la fois réfractaire aux grandes courses en montagne (suite à plusieurs années d’hygiène de vie déplorable) et puriste au sujet de l’esthétisme des poissons, a considérablement limité le nombre d’options possibles en termes de parcours : les lacs accessibles en claquettes épargnés par les truites blanchâtres héliportées, ça ne court pas les rues, même dans les régions les plus sauvages des Pyrénées. Ainsi, ces critères nous ont directement conduits  aux lacs du Carlit dans le 66. Au-delà de la population de « farios méd » qu’on y rencontre, la fameuse souche arc-en-ciel Bouillouse est aussi représentée. Ces lacs sont assez atypiques dans les Pyrénées, dans la mesure où l’influence climatique méditerranéenne offre des conditions de vie moins austères qu’à l’ouest de la chaîne, favorisant le grossissement des poissons et un recrutement significatif, ce qui constituent leurs atouts principaux (et permet de mieux supporter les hordes de touristes qui défilent continuellement le long de leurs berges).

Notre ouverture en lac de montagne

Nous y passerons finalement une seule journée, la faute à une météo déplorable (raison officielle) et il faut bien l’avouer, à une pêche tout aussi pourrie (surtout au niveau de la taille moyenne des truites capturées). Retrouvailles pyrénéennes 1- pêche de la truite dans les Pyrénées voyage   Retrouvailles pyrénéennes 2 Ma conception de la pêche en lacs de montagne (pour la truite et le saumon de fontaine tout au moins) donne la primeur au moyen mis en œuvre. Le résultat reste  secondaire, jusqu’à un certain point bien sûr. Ainsi, en matière de pêche à la mouche, je rechigne toujours à nouer autre chose qu’une sèche au bout de mon bas de ligne. Tout en sachant pertinemment, qu’une prospection insistante sous la surface, en noyée notamment, souvent bien plus productive. Les quelques poissons capturés sont venus gober des chiros noirs émergents en l’absence de vague. Ou bien des sedges (goddard et ailes en toit) lorsque le vent a daigné rider la surface . Retrouvailles pyrénéennes 3   Retrouvailles pyrénéennes 4 Retrouvailles pyrénéennes 5   Retrouvailles pyrénéennes 6 pêche truite PYrénées françaises La qualité de la pêche du matin ne fut pas suffisante pour nous pousser à braver la pluie battante de l’après midi et nous prenons la descente en fin de journée.

Pêche de la truite dans les Pyrénées: 1 descente pour la pêche en « eaux vives »

Le lendemain, nous démarrons en milieu de matinée sur un secteur d’eau vive proche, dans l’optique de continuer à la mouche. Je pêche en duo avec Benji. La topographie de la première partie du secteur (pentue et resserrée) donne la primeur à  l’approche immergée. Vers 11h, l’éclosion de phryganes se fait de plus en plus présente et un élargissement du tronçon multiplie les coups lents et homogènes. Mon compagnon qui s’escrime en sèche depuis le début remonte subitement au score. Je repasse en surface afin de ne pas perdre la cadence. Une berge chacun pour cette matinée, un rythme de touche constant, des truites modestes en taille certes, mais dont la qualité de souche compense largement ce déficit de centimètres. Nous arrêterons de compter à 20 poissons chacun : Retrouvailles pyrénéennes 7 Retrouvailles pyrénéennes 8 Retrouvailles pyrénéennes 9 Retrouvailles pyrénéennes 10 Retrouvailles pyrénéennes 11

 » Prendre des truites moyennes sur des rivières moyennes est peut être un boulot minable, mais il faut bien que quelqu’un s’y colle » John Gierach

Passage de la frontière espagnole

Le lendemain, je franchis la frontière espagnole et ses célèbres bars pour adultes en compagnie de Sylvain Duvinage (sans aucune halte !), guide de pêche et boss de l’Agence Nomade Pêche, qui vient repérer un éventuel nouveau produit en terre catalane. Baroudeur insatiable et facétieux personnage (bien que désormais assagi par son statu de père de famille), Sylvain m’a proposé de l’accompagner pour sa reconnaissance. Toutefois, mon hôte connaît bien mon excitation. Mais aussi ma tendance stackanoviste lorsque je tiens une canne à truite. Cependant, les nombreuses allusions à la nécessité de professionnalisme de notre excursion calment un peu mes ardeurs durant le trajet. Le but du séjour est de pêcher un maximum de secteurs différents, à la fois en terme de configuration que de gestion  piscicole (oui nous sommes en terre ibérique, où l’on ne lésine pas avec les déversements) entre la rivière principale et quelques affluents.  Le jugement des parcours tiendra compte uniquement de la qualité des secteurs en vue d’éventuels guidages de clients français (critères qui se révèlent souvent différents des miens qui pourraient se résumer de la façon suivante, par ordre croissant d’importance : truites sauvages/nombreuses ou grosses/cadre bucolique).

Des parcours très variés de l’autre côté de la frontière

Donc, nous pêcherons successivement des secteurs de montagne caillouteux, des portions de plaine aux poissons exogènes et d’autres parcours avals type « cimetière des éléphants » où la qualité des truites est supérieure (reproduction naturelle ou effet bénéfique du temps sur les stigmates d’une naissance en bassins bétonnés ? difficile à dire). Retrouvailles pyrénéennes 12- Pêche truite Pyrénées Espagnoles Les pluies orageuses qui s’abattent sur la région depuis notre arrivée nous laisseront un court créneau de 2h avant que l’eau ne se teinte.  Nous débutons la pêche en pleine éclosion de Blue Winged Olive : Ce début d’après midi nous a quand même laissé entrevoir les -grandes- possibilités de pêche en sèche, ce qui motive grandement à revenir traîner ses wad’ dans le coin : Retrouvailles pyrénéennes 13- pêche truite mouche Pyrénées espagnoles Retrouvailles pyrénéennes 14 Retrouvailles pyrénéennes 15- Mouche Pyrénées France Espagne truite Retrouvailles pyrénéennes 16 Retrouvailles pyrénéennes. Pêche truite mouche Pyrénées Espagne Retrouvailles pyrénéennes 18 Le lendemain, nous écumerons les parcours « intensivos » et secouerons essentiellement des truites à manches courtes, que la déontologie m’empêche de publier ici. Je ne cris pas au scandale face à la présence de ces poissons, je veille simplement à me tenir éloigné des secteurs qui les contiennent, et laisse le soin aux pratiquants (français pour la plupart) en manque de sensations, de venir leur tordre le coup sans vergogne. Retrouvailles pyrénéennes 19 Sur le haut de la vallée, nous retrouvons une configuration typique de rivière de montagne, avec des truites plus petites mais en densité intéressante : Retrouvailles pyrénéennes 20 Retrouvailles pyrénéennes 21 Retrouvailles pyrénéennes 22

Retour en France

De retour d’Espagne, je retrouve Benji pour une journée dans les Pyrénées Orientales. Cette session se transformera finalement en un gros coup du matin, sous les effets conjugués de la chaleur écrasante et du Saint Chinian du repas du midi. Il fut un temps pas si lointain où toute forme d’alcool était systématiquement bannie de mes sorties de pêche. Je prenais alors la chose beaucoup trop au sérieux pour me pervertir à consommer toute substance qui aurait pu me faire dévier de mon leitmotiv. Il va sans dire que je ne considérais pas comme pêcheur (et c’est d’ailleurs toujours le cas) ce genre de gars qui utilisent la pêche comme alibi pour se biturer entre collègues.  Ils sont en partie responsables de l’image de beauf moyen qui affuble notre loisir et n’inspirent pas vraiment le respect. Toutefois, j’ai quand même assoupli ma position avec les années et ne boude pas mon plaisir en présence d’un bon vin rouge de temps à autres, en particulier lors des débriefings post-coup du soir.

Dernière journée de pêche de la truite dans les Pyrénées

Bref, revenons au bord de l’eau : Nous démarrons la pêche assez tard ce matin là, vers 8h. Au vu des niveaux encore importants des portions plein débit (oui, nous sommes dans une vallée qui n’a pas échappé aux turbines d’EDF) et de l’affection des truites « méd » du coin pour les rayons du soleil, nous n’avons pas jugé déterminant de démarrer aux aurores… Retrouvailles pyrénéennes 23- pêche de la truite dans les Pyrénées … bien mal nous en a pris. Dès les premiers coups de ligne, les prises s’enchaînent, la taille moyenne est honorable pour le secteur. Les truites mangent sur les bordures maigres et lentes, ça rentre régulièrement : Retrouvailles pyrénéennes 24 Retrouvailles pyrénéennes 25- Pêche Truite Pyrénées Retrouvailles pyrénéennes 30 Après une première heure difficile, mon binôme sort de sa léthargie et participe à la fête : Retrouvailles pyrénéennes 31 Retrouvailles pyrénéennes 32
Toutefois, vers 10h, la cadence diminue brutalement, nous laissant sur notre faim. Nous plions un peu après, en regrettant ce réveil tardif…
Difficile de connaître les heures d’alimentation des poissons dans tel cours d’eau à tel moment de l’année sans être présent très régulièrement au bord de l’eau.  Je suis de plus en plus convaincu que ces horaires dépendent d’un nombre très importants de paramètres dont nous ne maîtrisons pas totalement la compréhension. De plus, ils ne sont pas vraiment reproductibles d’une année sur l’autre et nécessitent une fréquentation assidue des berges pour les déterminer à court terme. Nous reviendrons sur ce sujet durant l’hiver ! A bientôt Simon SCODAVOLPE

Après deux mois passés à écumer les coins de proximité, Mai a donné des envies d’ailleurs. Cette année, nous avons pris la direction d’une destination jusqu’alors inexplorée : le Jura. Pêche de la truite en mai au toc, mais pas que. L’explosion de la communication autour de ces rivières depuis 2 ans, émanant de cercles que je n’ai pas vraiment l’habitude de fréquenter,  avait surtout inspiré un certain scepticisme au pratiquant misanthrope que je demeure. Le caractère méconnu d’un coin est l’un des piliers de mon credo et tout excès de fréquentation devient vite rédhibitoire.

Pêche de la truite au toc en mai dans le Jura

Toutefois, cette position peut s’assouplir de temps à autres, en particulier si les deux conditions suivantes sont remplies :
  • les poissons que l’on trouve sont esthétiquement privilégiés (en l’occurrence, ils sont splendides et gros, petite précision qui a son importance)
  • et le cadre bucolique (les associables supportent souvent mieux la cohabitation dans un cadre apaisant et champêtre).
Ainsi, bien que restant très septique face aux modes qui affublent notre loisir, que ce soit en terme de destination ou de technique, je mis de côté (pour un temps du moins) mon anticonformisme primaire et me laissais tenter par le département « in » du moment. La cible reste la même (les truites zébrées de souche méd), mais le milieu change radicalement entre les rivières froides de montagne haut-alpines et les cours d’eau paisibles chargés en calcium des vallées jurassiennes.   Autre aspect intéressant de cette découverte : le choc culturel. Découvrir la pêche dans le Jura pour un tocqueur façonné à la sauce pyrénéenne, c’est un peu comme faire écouter l’intégrale des Sex Pistols à une violoncelliste fraîchement émoulue du conservatoire. Le dénouement est pour le moins incertain, assurément, mais tout peut très bien se passer à condition d’y mettre un peu d’ouverture d’esprit. Les ingrédients de la pêche sur ces secteurs (eaux lentes/grosses truites/faible densité/pêche à vue) sont en tous points opposés avec ceux qui me sont familiers. Pour quelqu’un dont l’excitation au bord de l’eau n’est calmée que par la rapidité de prospection et la cadence de touche, ça promet d’être dépaysant. Autre changement notable (que je m’impose celui-ci), pas question de prélever le moindre poisson sur ces rivières à faible densité. Si la consommation de quelques truites est un plaisir que je m’accorde volontiers de temps à autres (au mépris de la doxa moderne qui le stigmatise), les gros poissons, d’autant plus lorsqu’ils vivent dans des milieux fragiles comme ces rivières de l’Est, parviennent toujours à m’émouvoir suffisamment pour repartir à l’eau. On ne tire pas sur l’ambulance. Etre obtus peut faire rater de bonnes expériences,  je suis donc parti dans le Jura… avec un certain scepticisme certes, mais surtout une grande curiosité !

En route pour le Jura

Autant le dire de suite, les deux excursions furent toutes deux assez catastrophiques en termes de résultats. Faute à la malchance peut être?
  • considérant l’explosion des débits pour la première
  • à la maladresse plus certainement. Durant la seconde en particulier, un de ces fameuses journées où la mécanique s’enraye et où rien ne rentre malgré les nombreuses opportunités.
  C’est avec Jean-Michel que je me rends sur les lieux la première fois. Le trajet aller se faisant sous des trombes d’eau, ce qui était censé être initialement un petit-cou-d’eau-faisant-bouger-les-poissons s’est en fait révélé être une bonne crue printanière, anéantissant tout espoir de pêche agréable (comprendre en évitant le recours aux plombs de 0) et  réduisant le temps de pêche efficace à une grosse journée, au cours de laquelle les Extreme Trout ont repris du service. Plombée lourde et étalée/ver de terreau au programme. Une pêche beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît. Même le puriste de la mouche a succombé : Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 1   Avec le talent qu’on lui connaît : Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 2   Quelques intrus se sont mêlés à la fête : Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 3   Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 4   Et quand même ce pour quoi  nous étions venus : Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 5 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 6 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 7   Pour la deuxième tentative, Coline et Benji se greffent à nous. Comme évoqué précédemment, elle demeure également pauvre en poissons mais très riches en péripéties, à la fois halieutiques (séjour durant lequel nous avons expérimenté les différentes façons de vendanger : décroché sur chandelle, raté au ferrage, hameçon ouvert, cassé…etc.) et annexes (sombres histoires de roues crevées, tympan perforé, portable noyé/broyé et j’en passe).  On a quand même réussi à mettre au sec quelques poissons, au toc :   Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 8 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 9 Ou à la mouche quand le moment s’est fait sentir : Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 10 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 11 Certains plus ou moins désirés : Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 12 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 13 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 14 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 15   Une approche totalement nouvelle, dépaysante et très plaisante… vivement la prochaine !

Un dernier week- end Cévennol de pêche de la truite au toc

Aux antipodes de ces milieux riches, le dernier week-end de pêche de mai a été marqué par un retour en terre cévenole. Histoire de profiter d’un court créneau de débit favorable avant l’installation des grosses chaleurs : En cette après midi, l’eau est à 13°C, le temps est orageux et les poissons sont dehors. La pêche est plutôt facile (à défaut d’être passionnante). Les truites mordent avec bravoure sur les coups marqués. Elles nous autorisent un pêche détendue, méninges au repos, ce qui, de temps à autre, est somme toute assez agréable : Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 16 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 17 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 18 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 19 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 20 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 21 Un montage tout aussi simple, 4 plombs de 7 et un petit terreau esché sur un hameçon Gamakatsu 1040R n°12 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 22 Pêche de Mai 2015 Scodavolpe 23   De retour dans les Hautes Alpes, la meilleure période de l’année pour le toc a débuté. La fin de la fonte… récits à suivre prochainement !   A bientôt !   Simon SCODAVOLPE            

Le mois de mars est enfin achevé… oubliées les crues et les niveaux d’eau très hauts, qui dans l’ensemble, terniront ces quinze premiers jours d’ouverture au Pays Basque. Après quelques sorties et guidages au toc en petites rivières et ruisseaux, ce début d’avril fût l’occasion d’un premier guidage Truite au leurre avec Laurent. Formé à l’école des carnassiers, il est l’exemple parfait du pêcheur tout d’abord envoûté par les eaux vives, et ensuite désarçonné à l’issue de ses premières sorties. Laurent truite banca 2015

Une truite emprisonnée dans les mains de Laurent, mais relâche obligatoire bien sûr.

Suivez nos pas dans la rivière, je vous-y guide, voici les tout premiers conseils donnés à Laurent…

Un premier choix essentiel, celui du lieu d’apprentissage pour la truite au leurre. Donc Laurent, tente d’éviter :
  • Le charmant ruisseau bordé de part et d’autre de végétation: bucolique certes, mais patience, tu ne maîtrise pas encore la précision du lancer nécessaire.
  • La grande rivière : attirante par ses promesses de gros poissons et la facilité apparente d’y lancer. Un peu de patience avant de te familiariser avec la lecture des postes et des courants.
 

truite m banca ouv 2015

Nous partons donc aujourd’hui le long de plusieurs parcours de la Nive des Aldudes, une rivière large de  4 à 6 m en moyenne, offrant une grande diversité de configurations et bordée tantôt de champs, de plages de galets ou de végétation.
truite au leurre

Sa canne pointée vers le bas, Laurent s’applique à faire évoluer son leurre au ras du fond de galets. Au plus près de la tenue des poissons ce jour-là.

Deux premiers « accessoires » indispensables :

Un waders : même si tu choisis une rivière de taille modeste ne pars pas en bottes ou en cuissardes. A première vue, les waders ne semblent pas indispensables et pourtant Par exemple :
  • Bien pratique pour changer de berge, quand un obstacle infranchissable du bord (végétation dense, barbelés) te priveras soudain, un jour ou l’autre, de gagner LE poste immanquable.
  • Et surtout, pour aller décrocher tes leurres !!, c’est bizarre… il manque toujours 5 cm aux cuissardes pour atteindre la branche d’en face !
  • Des lunettes polarisantes : ok, je le répète souvent (elles évitent les reflets de la surface et permettent de mieux apprécier la profondeur). De plus dans le cas présent: elles protégeront tes yeux du retour violent d’une cuiller ou d’un leurre. Le jour où tu verras l’un deux te revenant dessus comme une balle, après un décrochage dans les branches… tu me comprendras.
Un ensemble « passe-partout », parfait pour notre rivière :
  • Un lancer de taille « moyenne » La Trout Hunter PN (1m65) ou La Tectra PN (1,80m) canne basse tu pêcheras bien « creux », au raz du fond, sous le courant de surface, et canne haute tu contrôleras efficacement ton leurre en lui faisant déjouer les obstacles. Une puissance de 2-8 gr te laissant la possibilité de varier les grammages à volonté en fonction de la profondeur et du courant. Un moulinet 1000 à 2000, Starter FD ou Avenger FD par exemple

Tresse ou nylon pour la truite au leurre ?!

Les deux sont possibles. Pour les  pêches de la truite au leurre, je reviens de plus en plus au nylon. Je le choisis pour son élasticité amortissant des coups de têtes saccadés et frénétiques et après avoir utilisé de la tresse (non-extensible) de façon trop systématique. Dans les deux cas, j’apprécie un fil qui se détache bien du décor ambiant. Tresse blanche ou fil fluo par exemple. Tu contrôleras plus efficacement, surtout au début, les passages au ras des postes. J’y rajoute ensuite 1m50 de nylon translucide.
  1. Le nylon. Je le privilégie en ruisseau ou rivière moyenne : un nylon de 14% à 20% (en fonction de la saison, du rapport débit-profondeur de la rivière et donc du poids la taille des leurres). Tu décrocheras bien moins de poissons ! Une truite entre 18 et 28cm env. gesticule comme une folle et te régalera de chandelles hors de l’eau : au minimum une décroche sur deux en général. Avec une tresse et une canne trop raide : le ratio de poissons perdus grimpe très vite.
  2. La tresse. Je la privilégie en grande rivière à la recherche de beaux poissons : le confort de glisse et la précision en longue distance est incomparable, en 8% par exemple. Les truites recherchées dans ce cas dépassent les 30 cm, plus lourdes, elles gesticulent moins… et se décrochent donc plus rarement. Ne « finasse » pas trop, Un nylon de 24% à 28% en bas de ligne ne bridera généralement pas des leurres parfois XL de 6 à 12gr env. et permettra de les décrocher plus souvent lorsqu’ils se révèlent inaccessibles.
 
Leurre phoxy + queue

Une petite friandise maison (Phoxy Minnow de Sakura). Je ne résiste pas parfois à donner une touche de vie supplémentaire (souplesse) à mes leurres (durs !).

Le bilan de cette après-midi printanière, des moments d’activité courts mais marqués. 8 poissons touchés, dont 4 décrochés et 3 truites, bref de l’action !… l’essentiel.

Rendez-vous pour de nouveaux conseils sur ce sujet lors de prochains articles. Le temps de fréquenter de plus larges rivières et de croiser (peut-être) quelques jolies panthères…. G Chavanne banca truite

Votre guide du jour… vous présentant un poisson de Laurent. Pas de monstres recherchés ce jour-là, mais après des conditions bien délicates, cette truite récompense la ténacité du stagiaire!

Guillaume Chavanne www.guide-bask-peche.com

Une saison de pêche de la truite comporte plusieurs moments clés, des périodes fastes où le fonctionnement de la Nature décuple l’appétence des poissons. Sur les cours d’eau de montagne que je fréquente, je citerais:
  • le mois de mars (avec ses éclosions d’éphémères qui éveillent l’attention de truites braves post-ouverture et le confinement des poissons à certaines zones stéréotypées qui favorise leur localisation en eaux rapides),
  • la fin de la fonte des neiges (moment où les phases d’alimentation sont encore longues)
  • et le mois de septembre (où un refroidissement de l’eau diminue souvent la sélectivité des truites dans les eaux maigres).
  De son côté, le mois d’avril fait figure d’épouvantail lorsqu’on pratique en montagne. L’arrivée des premiers jours chauds de l’année, lorsque l’isotherme 0 dépasse la barre des 3000m, est souvent plus appréciée par les cueilleurs de morilles et les dépressifs saisonniers que par les aficionados de la truite.  Le pêcheur, prosaïque personnage, voit surtout en ces prévisions météo l’arrivée des eaux grises. Donc la nécessité de monter haut en altitude pour retrouver une teinte à peu près correcte (nous y reviendrons bientôt).L’alternance de périodes froides/chaudes/humides  conduit à des niveaux fluctuant, avec plus ou moins d’inertie selon le type de bassin versant.   Ainsi, le mois d’avril 2015 n’a pas échappé à la règle, et nous a proposé tout ce qui existe en termes de conditions hydrologiques entre les deux extrêmes : eaux basses et claires/eaux fortes et turbides.  La qualité de pêche a suivi ces fluctuations et la période a apporté son lot de plans franchement foireux, de longs trajets en voiture, de créneaux favorables courts et de moments d’euphories succédant à des torpeurs impénétrables, sans qu’il soit toujours possible de palper la raison de ces changements de rythme.

Comment s’adapter pour la pêche de la truite en montagne en avril?

Pour s’adapter convenablement, deux solutions principales existent :
  • la première, sans doute la plus efficace mais la plus coûteuse (à la fois en temps et en énergie fossile lorsqu’on vit perché à 1300m d’altitude) : descendre vers le piémont pour rechercher des cours d’eau de régime pluvial qui démarre leur période faste.
  • La deuxième : s’adapter en montagne en profitant des rares créneaux favorables.
  Durant la majeure partie du mois, la deuxième option a été plébiscitée et la pêche s’est réalisée sur les affluents à peu près en place. En réalité, je devrais plutôt dire sur un tronçon court-circuité d’un affluent (sans doute le seul bénéfice que nous pouvons tirer du bétonnage organisé qui massacre nos cours d’eau de montagne, sous l’autel de ce que certains osent qualifier d’ « énergie verte »). Report Avril Simon Scoda.1   Report Avril Simon Scoda.2   Report Avril Simon Scoda.3   Report Avril Simon Scoda.4 pêche truite montagne avril   Sur le grand cours d’eau, le temps de pêche s’est réduit à une poignée d’heures : n’étant pas transcendé par la technique « toc au ver en eau marron » (bien que ne doutant pas de son efficacité), les visites auront été rares, à l’occasion de coup de froid bloquant la fonte. Les poissons ont certainement profité de conditions de turbidité plus favorables pour s’alimenter et les résultats ont été corrects. Les March Brown étant toujours de la partie, le créneau de milieu de journée en nymphe a rapporté son lot de truites :   Report Avril Simon Scoda.5 pêche truite montagne avril   Report Avril Simon Scoda.6 pêche truite montagne avril   Report Avril Simon Scoda.7 pêche truite montagne avril   Report Avril Simon Scoda.8 pêche truite montagne avril   Dès la dernière semaine du mois, une hausse croissante des niveaux a anéanti les chances de réussite sur ces coins de proximité. Aussi  le passage en mai fut l’occasion de quitter les Hautes-Alpes pour rendre visite aux régions voisines ! A suivre.   A bientôt Simon SCODAVOLPE

Le site garbolino.fr vous présente depuis plusieurs mois un contenu riche en informations, et en partage de la part de passionnés des différentes techniques. Nous avons voulu pour commencer cette série de portraits vous présenter Simon Scodavolpe que nous suivons très régulièrement dans les colonnes de notre site. Laissons la parole à Simon afin qu’il  nous parle de son histoire, de son parcours et de sa passion. Nous en profitons pour le remercier pour le partage, et la sincérité de sa passion, que l’on ressent dans tous ses récits.

Peux- tu nous expliquer comment est née ta passion pour la pêche?

Simon Scodavolpe: je n’avais aucune prédisposition à devenir pêcheur. Ma première rencontre avec une canne fut assez fortuite et s’est produite au détour d’un ruisseau à vairon de mon Gers natal. D’abord assez circonspect face au réel intérêt de cette activité, c’est avant tout une histoire d’amitié, avec mon camarade d’enfance Alexandre, qui m’a entraîné au bord de l’eau dans un premier temps. Petit-à-petit, une expérience en appelant une autre, j’ai commencé à pêcher plus régulièrement de mon propre fait. Il faut dire que ma taille élancée me poussait d’avantage à manier des cuillères qu’à en recevoir sur un terrain de rugby (sport national de mon département et occupation principale de mes semblables). Un voisin plus âgé provoqua ensuite la rencontre avec le poisson qui me fit totalement basculer : la truite fario. D’abord attiré par la perspective d’évasion (à l’âge de 10 ans, faire 100 km pour « aller pêcher » donne une toute autre dimension à la chose), je découvrais le territoire pyrénéen avec un regard contemplatif et accordais autant d’importance aux cadres de mes sorties qu’au résultat en lui même.
Deux maîtres en VHS
Comme toute passion naissante s’accompagne d’une soif d’apprentissage, je lisais « Pêche pratique » et visionnais en boucle des vhs sur les pêches de la truite. Rapidement, je m’identifiais à certains pêcheurs de renoms et mes deux maîtres devinrent Olivier Plasseraud et Alphonse Arias (j’avoue me souvenir quasiment par cœur des répliques de leurs films de l’époque), à la fois pour leur charisme, mais sans doute aussi parce que leur accent chantant et les coins qu’ils fréquentaient m’étaient familiers. Ces deux pêcheurs sont sans doute ceux qui m’ont le plus influencé à ce jour, d’autant plus qu’ils sont devenus des amis. Toujours sous l’impulsion d’Alexandre, je découvrais à l’âge de 12 ans l’univers grandiose des lacs d’altitude. Je me souviens encore d’un article consacré au cristivomer lu en 1997 dans un numéro de la « Pêche et son environnement » qui m’avait alors totalement fasciné. A 15 ans, nous randonnions et bivouaquions sans autorité parentale, le  flegme et le mètre quatre vingt dix de mon camarade avaient sans doute été jugés suffisamment protecteurs pour nous laisser évoluer seuls en haute montagne. Nous pêchions uniquement au vairon manié, avalant les kilomètres de berges à saute mouton et grillions des truites pour le repas du soir. Les randos pêche ont dès lors occupé tous mes étés avec une assiduité croissante dès l’acquisition du permis de conduire (cette passion m’a conduit à co-écrire un livre sur la pêche en lacs de montagne en 2011 intitulé le « Guide randos-pêche en lacs de montagne »).  
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Simon est un véritable touche à tout de la pêche des salmonidés de la truite en Eaux Vives aux lacs de montagne

 

Et ton goût pour le partage ?

Simon Scodavolpe: en 2006, mettant à profit mon temps libre d’étudiant, je provoquais la rencontre avec Olivier Plasseraud et débutais la rédaction d’articles pour la revue Salmo. Au contact des autres collaborateurs, je saisis vraiment la portée de la pêche de la truite en eaux vives et en retirais ce qui est devenu mon leitmotiv : la logique du bon moment, au bon endroit, avec la bonne technique. Naturellement, pour y parvenir, j’ai toujours méprisé les clichés affublant certains modes de pêche et le snobisme halieutique qui caractérise certains pratiquants.
Portrait de Scoda 2 simon scodavolpe

Pêche au Toc, Vairon, Mouche, … Simon ne s’interdit aucune technique de prospection pour la traque de son poisson favori

 

La pêche comment la vis- tu au quotidien?

Simon Socdavolpe: prétendre aujourd’hui que la pêche de la truite me passionne est sans aucun doute un euphémisme, tant elle a conditionné (et conditionne encore!) tous mes choix de vie. De mes études à mon atterrissage professionnel (suite à une nécessité de quitter les Pyrénées à contre cœur il y 3 ans), tout a été pensé et réfléchi dans un seul but : pouvoir passer un maximum de temps à courir les berges de première catégorie.
Passer un maximum de temps au bord l’eau
Je suis accaparé par les salmonidés et leurs milieux, au point de passer parfois pour un associable.  Je vis pêche, de mes lectures (depuis la révélation qu’a constituée le courant Nature Writting par le biais de son fantastique auteur John Gierach) jusqu’au contenu de mon assiette (oui je mange des truites !). Profondément attaché aux valeurs traditionnelles, je reste perplexe face à la déferlante technologique récente, regrettant un peu de voir des jeunes générations plus attirées par le côté bling-bling des carnassiers aux leurres, que par les plaisirs simples et profonds inhérents aux salmonidés. Aujourd’hui catapulté dans les Hautes-Alpes, je pêche essentiellement les rivières de Provence (des Cévennes où réside une partie de ma famille aux contreforts des Alpes du Sud) et je me délecte de découvrir ces nouveaux territoires. Pour combler le mal du pays, je profite des visites familiales pour retourner pêcher dans les Pyrénées, et notamment les lacs de montagne dont la beauté reste inégalée à mes yeux. Portrait de Scoda 3 simon scodavolpe Depuis quelques mois, j’ai la chance de faire partie de l’équipe GARBOLINO. Cette marque reste associée à la truite depuis ma plus tendre enfance. Epoque où elle commercialisait le moulinet à talon pyrénéen Corsec. Elle reflète au mieux la diversité qui caractérise la pêche de ce poisson en France; à travers la variété de l’équipement mis à disposition des pêcheurs. En effet, sa philosophie correspond finalement assez bien à ma conception de la pêche. La sortie en 2015 d’une nouvelle version de la célèbre canne Pyrénéenne  est la parfaite illustration.  Attachée aux traditions sans se montrer réfractaire à l’évolution ! A bientôt sur Garbolino.fr !   Portrait de Scoda 4 simon scodavolpe

Pêche de la truite à la mouche avant le fonte des neiges. Les conditions hydrologiques ne changent pas vraiment début avril. Suite à un déficit de précipitations hivernales, le manteau neigeux se situe relativement haut (vers 1700/1800m en versant nord), ce qui a pour effet de minimiser les conséquences des fluctuations thermiques classiques des premiers jours de printemps. Les eaux du bassin versant restent par conséquent agréables à fréquenter, c’est à dire basse et claire, tout au long de la journée. Le programme initié à l’ouverture (pêche en nymphe/milieu de journée/grands cours d’eau) continue de rapporter son lot de truites, il est donc poursuivi en l’absence de nouvelle donne.

Pêche de la truite à la mouche avant la fonte

Ayant remarqué quelques poissons attablés de façon disparate dès le milieu de matinée, nous prenons le parti de prospecter les secteurs resserrés à blocs à ce moment de la journée (où la configuration marquée facilite leur repérage), de façon à réserver les bordures propices pour ce moment phare de chaque journée : l’éclosion d’éphémères de March Brown et Baetis en début d’après midi. Quelques poissons capturés en fin de matinée : DERNIERES TRUITES AVANT LA FONTE DES NEIGES.2 DERNIERES TRUITES AVANT LA FONTE DES NEIGES.3 DERNIERES TRUITES AVANT LA FONTE DES NEIGES.4 mouche Chaque jour, l’horaire de l’éclosion se calque rigoureusement sur le début de l’inflation thermique du milieu de journée, elle-même directement corrélée à la température de l’air de la nuit précédente. Ainsi, selon la couverture nuageuse et l’ampleur de la gelée nocturne, les insectes percent quotidiennement la surface entre 13 et 15h (voire un peu plus tard après certaines nuits étoilées). DERNIERES TRUITES AVANT LA FONTE DES NEIGES.5 mouche Malgré la présence de tapis de subimagos certains après-midi, les truites rechignent toujours à les prélever et le stade de nymphe garde leurs faveurs.

Des poissons opportunistes

Bien que les insectes soient très spécifiques à cette période, les poissons restent suffisamment opportunistes pour ne pas faire la fine bouche face à des modèles de nymphe génériques de type « pheasant tail ». Les résultats sont très réguliers d’une sortie à l’autre : une majorité de poissons de taille honorable (pour le secteur, cela signifie une trentaine de centimètres), avec quelques individus de calibre supérieur, et chaque jour un poisson approchant ou dépassant la cinquantaine de cm capturé en plein cœur de l’éclosion. DERNIERES TRUITES AVANT LA FONTE DES NEIGES.6 DERNIERES TRUITES AVANT LA FONTE DES NEIGES.7 mouche DERNIERES TRUITES AVANT LA FONTE DES NEIGES.8 DERNIERES TRUITES AVANT LA FONTE DES NEIGES.9 mouche A l’heure actuelle, les eaux sont devenues hautes et teintées suite à un réchauffement de plus en plus marqué.  Nous revoyons la stratégie… et nos cannes à toc ont repris du service… avec plus ou moins de succès, mais un plaisir intact… à suivre ! A bientôt Simon SCODAVOLPE

Pour la fin de semaine, Benjamin quitte les Pyrénées (sa météo humide et ses eaux fortes) pour venir profiter de la période a priori favorable dans le 05. Une digression au programme établi s’impose donc : au regard du pic d’activité des truites en milieu de journée sur les grands cours d’eau et sachant le moral du jeune homme facilement friable en cas de cadence de touche faiblarde, nous planifions une pêche sur les affluents le matin (pour calmer ses ardeurs), avant de filer sur les bordures théâtres d’éclosion en milieu de journée (pêche d’observation et d’attente, où la parcimonie est souvent récompensée).

Première matinée de pêche

Première matinée, nous jetons notre dévolu sur un affluent aux eaux basses et claires (représentatifs de l’ensemble des cours d’eau du bassin versant) : Benji pêche seul sur un parcours varié, alternant ruptures de pente et coups marqués alors que nous choisissons avec Coline un secteur à la topographie assez resserrée, sensé faciliter l’approche (eu égard des échos annonçant des truites très méfiantes détalant de loin dans ces eaux maigres), quoique pas vraiment en adéquation avec ce que dicterait dans l’absolu une température d’eau à 6/7°C. Benji trouve rapidement les poissons dans les minces filets d’eau (très) près du bord, comme c’est souvent le cas quand ils sont actifs en début de saison et s’en tire honorablement, malgré les inévitables ratés inhérents à la pêche au toc en eau lente : Truite de Mars.2.2
Une série d’échec
De notre côté, Coline et moi passons totalement à côté du sujet, les deux truites touchées sur deux postes radicalement différents ne permettant pas de dégager un moyen d’optimiser la prospection. Erreur de choix de parcours grotesque certainement (beaucoup trop agité pour la saison), à cette époque, ça ne pardonne pas ! Truite de Mars.2.3 Le milieu de journée en grande rivière n’est guère plus réjouissant : l’archétype de la sortie de poissons brève et intense, totalement gâchée entre ferrages hors timing et posés douteux. Elle se solde par la prise d’un seul poisson d’une quarantaine de centimètres, qui rejoindra dans la foulée ses congénères épargnés par notre gestion calamiteuse de la piquée : Truite de Mars.2.4 Un peu vexé par cette série d’échecs, je propose un coup du soir au toc près de la maison mais la perspective d’un apéro devant le traditionnel match du tournoi des six nations a finalement raison de la motivation de notre invité, rapidement rejoint par la pêcheuse, pour une initiation à cette activité hautement spirituelle. Fort des renseignements glanés en début de journée, je démarre sur un parcours varié comportant une bonne proportion de postes marqués assez profonds près des bordures.

Dès les premiers coups de ligne, une stratégie de pêche limpide se dessine

  • un ver, à condition de le choisir petit
  • présenté sans excès de lestage rapporte des poissons au niveau des bordures molles et des bras secondaires.
L’existence d’une configuration porteuse singulière permet d’optimiser réellement la pêche (en sautant tout le linéaire différent) : des conditions que j’adore. 1h30 de prospection rapide, avec une grosse dizaine de truites de belle taille, de quoi faire plier l’extrême 3.20m pour la première fois de l’année : Truite de Mars.2.5 Truite de Mars.2.6 Truite de Mars.2.7 Le lendemain, nous retournons sur le même affluent que la veille, mais plus en aval cette fois, où la vallée est plus élargie et la pente douce, de façon à rencontrer un maximum de coups lents et homogènes. La configuration est moins adaptée au toc certes, mais visiblement privilégiée par les truites paresseuses du moment. Benji démarre une nouvelle fois en solo et s’en sort toujours : Truite de Mars.2.8 ….alors que Coline et moi suivons Jean Michel Brunet, guide de pêche local, pour une démo de pêche en nymphe à vue.

Un personnage »louche »!!! Moucheur en toutes saisons…

Nous avons fait sa connaissance quelques jours auparavant. Etant de nature méfiante face à un gars assez louche pour ne pêcher qu’à la mouche en toutes saisons, je ravalais ma réserve dès les premiers mots échangés avec ce sympathique et attachant personnage. Rencontrer un moucheur exclusif est toujours un moment intriguant : il est établi que cette catégorie de pêcheur possède un côté esthète (avez-vous déjà vu des assommeurs d’arcs-en-ciel pêcher à la mouche vous ?) ; c’est en réalité le degré de ce penchant qui permet de faire le distinguo entre le puriste et le snob. Jean-Michel appartient à la catégorie la plus modérée (que je juge encore fréquentable), c’est à dire celle capable de converser avec des empaleurs de vers de terre (sans toutefois se risquer à les imiter cela va sans dire), de concevoir qu’un confrère puisse manger un bon plat de truites sauvages de temps à autres, et même de partager son savoir avec les parias sus cités. Bref, un type saint d’esprit quoi.

… mais un vrai guide de terrain

Nous prenons une véritable leçon de pêche pendant  plus de deux heures. Effectivement, les poissons se vraiment concentrent sur les courants mous et assez profonds. Là, où une nymphe bien conduite supplante un appât qui passe souvent trop creux.  Résultat : une bonne quinzaine de truites d’une trentaine de centimètres, dont la moitié à vue (enfin surtout pour lui) :

« – Tu la vois là sur le sable ?

– Euh…

(ferrage)

– Ah ouais ! »

Faculté de repérage des poissons impressionnante, maîtrise technique du même acabit : un vrai guide de terrain que nous vous conseillons ardemment si vous passez dans les Hautes-Alpes ! Truite de Mars.2.9 Pour flatter son ego (et par la même me faire pardonner les médisances précédentes), je vous mets son plus beau poisson de la matinée, une méd’ superbe dépassant frôlant les 45 cm dans un torrent de 6m de large à 1400m d’altitude : la classe ! Truite de Mars.2.10 Une matinée d’observation très instructive en somme, le genre d’expérience à laquelle tout pratiquant devrait avoir l’humilité de se livrer de temps à autres. Accumuler mécaniquement les heures au bord de l’eau ne suffit pas à progresser. S’enrichir des techniques des autres y participe également (à condition bien sûr d’éviter les grands diseux petits faiseux qui pullulent dans les rangs des pêcheurs).
Direction une nouvelle bordure
L’après-midi, nous décollons tous pour une bordure, dans l’expectative d’une sortie de poisson comparable à celle de la veille et comptant sur une meilleure maîtrise de notre part. La luminosité est faible et l’atmosphère douce : l’éclosion attendue est massive mais les poissons sortent furtivement. Conséquence ou pas du matraquage intensif subi depuis 3 jours, ils sont assez concentrés sous la grosse veine où ils nymphent assez profondément. Le coup est trop restreint pour que 3 pêcheurs opèrent de concert, un accord s’impose et nous nous entendons sur les règles suivantes : ce sera une canne à mouche pour 3, une tentative chacun, celui qui rate ou prend passe la canne au suivant. Notre invité ouvre le bal de main de maître avec l’unique poisson capturé en sèche, une connaissance pas rancunière puisque déjà capturée 2 jours avant : Truite de Mars.2.11 De mon côté, magnanime, je m’escrime à éclaircir les rangs des plus petits individus à chacun de mes passages, pour laisser le loisir à mes camarades d’attaquer les plus gros (de mauvaise foi, moi ?) : Truite de Mars.2.12 Truite de Mars.2.13  

C’est lors de la deuxième tentative de Coline que le drame survient :

Alors que sa nymphe nage tranquillement sur le banc de sable accolé à la veine porteuse, le plus gros poisson du banc se décale et vient la ramasser sous nos yeux ébahis. Elle ferre dans un timing parfait et se sentant visiblement pousser des ailes, inhibe tout dévidage de soie, la main gauche rivée sur la bobine (vieille réminiscence de ses combats avec les brochets suédois 8 mois plus tôt ?). Je lui suggère qu’il serait sans doute opportun de ne pas brider exagérément ce poisson avec tout le tact qu’il est possible de réunir en pareille circonstance (bon ok, je lui hurle de lâcher cette p…n de manivelle). Le poisson traverse la rivière sur le premier rush et commence tranquillement à dévaler, visiblement peu gêné par la pression que la pointe en 16/100 permet de coller. La Perlide 300 se cintre. Alors nous descendons tous, au même rythme que cette grosse zébrée dépassant largement la barre des 50.
Une zébrée dépassant la barre des 50
Truite mouche Garbolino.2.14 Un énième rush à proximité de l’épuisette se soldera finalement par la rupture de la pointe. Dur à encaisser. Je vous épargne la suite. Le dernier jour, Benji nous quitte en fin de matinée. Le flux est reparti au nord. Un refroidissement sensible qui aura pour effet de décaler l’éclosion d’environ 2h. Après un bref passage sur le poste de la veille (cette fois totalement déserté), nous partons explorer de nouveaux horizons plus en amont, en recherchant des zones aux caractéristiques similaires. Une bordure du même type se dessine sur la rive d’en face, quelques lancers à la roulette suffiront à atteler un gros poisson, en tous points, splendide sur un modèle de nymphe tungstène générique, à même de passer creux dans d’importantes profondeurs : Truite de mouche garbolino.2.15

Deux autres farios clôturent cette après-midi de belle manière :

Truite de mouche Garbolino.2.16 Truite de.2.17 Un début de saison très riche d’enseignements et de remises en question. Rarement j’ai eu le sentiment de passer totalement à côté en pêchant au toc (d’autant que cette technique possède une adaptabilité remarquable). Une conjonction de facteurs expliquant sans doute la suprématie de la mouche artificielle :
  • une concentration des truites au niveau des secteurs élargis et lents à corréler à l’eau froide
  • une prédation de proies miniatures dans la colonne d’eau
  • un degré de sélectivité inhabituellement élevé pour la saison à corréler à des niveaux maigres installés depuis longtemps.
La polyvalence avant tout
La triplette petit appât + secteurs mous + prédation dans la colonne donnait incontestablement la primeur à la pêche en nymphe. A méditer pour ceux qui voient en telle ou telle technique l’alpha et l’omega de la pêche de la truite ! A bientôt, Simon SCODAVOLPE

De retour des Cévennes, je me trouve dans un état d’excitation à peu près équivalent à celui du vendredi soir précédent, tant la pêche fut poussive durant le week-end dernier. La météo calamiteuse qui a affecté les Alpes du Sud à l’ouverture (neige et vent de nord) n’a sans doute guère fait évoluer les conditions hydrologiques (très propices) des semaines passées.   Effectivement, je retrouve en ce lundi des cours d’eau parfaitement en place, que quelques jours de congés devraient permettre d’explorer. Je démarre la semaine en solo avec une stratégie clairement établie : Au vu de la conjoncture favorable sur les rivières principales (et connaissant son caractère éphémère à cette période de l’année), je compte rompre avec les habitudes post-ouverture des années passées (la disette hivernale poussant à se ruer sur les affluents densément peuplés dès le début des hostilités) pour me focaliser sur la pêche des cours d’eau de gros calibre, en vue de rechercher plutôt la taille que le nombre. Par contre, comme à l’accoutumée, j’apporte un soin tout particulier à l’évitement des parcours empoissonnés et des parcours no-kill. Solutions de facilité choisies par certains pratiquants pour s’assurer quelques reports de début de saison, mais dont l’aspect artificiel et les règles du jeu faussées me rebutent toujours autant. Une grosse truite, ça se mérite non ?   Je m’arrête donc sur un parcours du domaine public à la réglementation classique assez encaissé, situé sur la rivière principale du coin, dans l’optique d’une prospection rapide aux leurres visant à battre du terrain :

Le moment pour essayer une march Brown

Arrivé sur les lieux, il est 12h30, des martinets effectuent de grandes arabesques au dessus de la rivière, indice d’une éclosion d’insectes en cours, rapidement confirmée par  la présence de plusieurs sub-imago dérivant au gré des courants. Interrompant aussitôt l’hérésie halieutique imminente qui aurait consisté à lancer des poissons nageurs sur des poissons capturables à la mouche, je retourne à la voiture et file scruter une bordure prometteuse repérée cet hiver. La zone est constituée d’une belle tête de courant marquée et assez puissante, dont le côté gauche vient buter sur un enrochement créant une retourne. Sur le banc de sable formé en aval, j’aperçois d’emblée plusieurs poissons de taille variable attablés, godillant à la limite du remous et de la grosse veine porteuse. Ils ne sont pas véritablement postés pour la plupart, mais tournent plutôt sur la zone, se plaçant tantôt sous la veine principale, tantôt plus près du bord à quelques mètres de ma position. Ils profitent de cette manne d’insectes qu’ils prélèvent majoritairement sous l’eau en délaissant la majorité des sub-imagos de March Brown qui dérivent au dessus de leurs têtes. Seules les truites les plus énervées percent la surface de temps à autres.  Misant sur un certain opportunisme de leur part (et jugeant surtout une approche en nymphe à vue un peu trop présomptueuse), je tente le coup en sèche.

Action de pêche à la mouche

L’action de pêche consiste à choisir un moment optimal pour lancer la mouche, coïncidant avec l’absence de vent et le décalage d’un poisson dans la zone calme de façon à ne pas ferrer un individu au milieu de la troupe, ce qui anéantirait toute chance de capture en série. Premier posé correct (pas trop catastrophique) entre deux rafales, et une jolie fario méditerranéenne d’une quarantaine de centimètres gobe élégamment l’imitation de March Brown sur H14 dressée pour l’occasion par le non moins élégant Matthieu Vieilhescazes : Scoda truite de mars.2 Une deuxième du calibre similaire prend la pose en suivant, avant un poisson plus petit bien énervé qui dissipera tout le banc : Scoda truite de mars.3 Scoda truite de mars.4   L’autre côté du pool est constitué d’une plage lisse moins marquée, ce qui complique le repérage des poissons. Bien qu’aucun gobage ne soit visible, j’imagine que quelques truites nymphent sur la bordure et je choisis de pêcher l’eau en lançant préférentiellement sur les éléments marquants du fond susceptibles de fixer les poissons (essentiellement les blocs de plus gros calibre). Et ça paye : Scoda truite de mars.5 Scoda truite de mars.6 Scoda truite de mars.7   De retour sur le poste rive gauche, les plus petits individus du banc non capturés en début de pêche se sont remis à table mais restent insensibles aux passages en surface, c’est donc en nymphe que se termine cette journée avec quelques captures supplémentaires à la clé (malgré de nombreux ferrages approximatifs…) : Scoda truite de mars.8   Un après-midi mouvementé, avec une majorité de poissons pris à vue : un régal !

Coline me rejoint pour cette pêche à la truite en Mars

Le lendemain, Coline me rejoint. Les conditions météo changent radicalement : le vent de nord très gênant la veille s’est évanoui, tout comme les nuages qui ont laissé leur place à un franc soleil. Conséquence ou pas de ce changement de luminosité, les insectes se raréfient sur le créneau 12-15h. Seulement deux poissons capturés sur cette plage horaire, le premier en sèche pour moi à vue (l’un des 2 seuls poissons attablés sur la bordure ce jour là) : Scoda truite de mars.9 Et un second en nymphe au toc plus en aval pour Coline, présage de la suprématie des pêches sous l’eau durant les 2 jours suivants : Scoda truite de 10   A bientôt pour la suite ! Simon SCODAVOLPE Scoda truite de.11