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PECHE AU TOC : REPERER ET COMPRENDRE LES POSTES

Savoir où lancer sa ligne est la clé de la réussite lorsqu’on  pêche l’eau, par opposition au fait de pêcher à vue (situation où le repérage du poisson est préalable au coup de ligne). 

La capacité à lire la rivière, que certains considèrent innée, s’acquiert en réalité avec un peu de pratique et de sens de l’observation. Si ce pré-requis est essentiel quelque soit le milieu où l’on évolue, il revêt une importance de tout premier ordre dans les vastes cours d’eau, où la probabilité de croiser une nageoire est bien faible si l’on promène son montage au petit bonheur la chance.

En termes de lecture d’eau, je vous encourage à couper les cheveux en quatre. Pour chaque poste abordé,  il faut chercher à définir la surface la plus restreinte possible (quelques dizaines de cm2 dans l’idéal) susceptible d’abriter une truite, de façon à limiter et valoriser au maximum les coups de ligne. Cette approche permet de couvrir plus de terrain et d’optimiser la prospection avec cette technique relativement chronophage (mais terriblement efficace) qu’est la pêche au toc.

Comment repérer un poste ?

Il existe plusieurs points communs entre les différentes places qu’occupe une truite : Qu’elle soit active ou pas, elle recherche systématiquement un endroit où le courant de fond est ralenti, de façon à restreindre sa dépense énergétique ; ce ralentissement peut être causé :

  •  par un encombrement amont : c’est le cas classique d’un poisson à l’abri derrière un caillou (qu’il soit immergé ou émergé).  La distance à la pierre définit alors le degré d’activité de la truite : blottie dessous, elle est au repos, alors que plus en aval, au niveau de la jonction des deux veines de courant produites par l’obstacle, vous la trouverez en chasse (elle descend un peu par rapport au bloc afin de dégager son champ visuel et ainsi mieux repérer ses proies).

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Ici, le courant est amorti à l’aval d’un bloc

  •  par un obstacle aval : l’impact du courant sur une pierre produit un effet « dossier » apprécié par les truites,  elles se placent alors juste devant. J’affectionne particulièrement la pêche de ce type de coups, quand le bloc est immergé, car il devient alors invisible aux regards inattentifs !

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Le courant qui butte sur une pierre offre un appui confortable : une truite en chasse vient s’adosser au remous occasionné, en se positionnant juste en amont.

  •  Une dépression au niveau du fond : en l’absence d’éléments capables de ralentir le courant, la pente du fond est un paramètre important à considérer. Ainsi, les fins de plats en grands cours d’eau, où le substrat est majoritairement constitué de galets homogènes par la taille, ne présentent un réel intérêt que si la pente de la remontée est suffisante. Pour les têtes de pool, le constat est le même. Une dépression assez marquée permet à la truite de se soustraire au courant de surface et facilite sa localisation pour le pêcheur.

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La remontée du fond est ici marquée et la truite se trouvera à la limite entre le vert du profond et le  jaune des cailloux.

 

La plupart des pêcheurs connaissent  les endroits classiquement occupés par les truites. Ce sujet a été traité dans bon nombre d’ouvrages, qui restent aujourd’hui tout à fait d’actualité. Je vous encourage donc à revoir ces descriptions détaillées.

Au-delà de ça, il est important de savoir corréler chaque type de poste au degré d’activité des poissons qui les occupent. En effet, au cours d’une journée, les truites alternent phases de prédation et phases de digestion/repos ; elles choisissent dans chaque cas des postes aux caractéristiques différentes, qu’on peut grossièrement classer en trois catégories :

  •  les postes de repos :

Les postes de repos ou caches, permettent aux farios de se mettre à l’abri durant les phases d’inactivité ou en cas de danger, en se dissimulant à la vue des prédateurs. De l’avis unanime des scientifiques, l’abondance en caches est le critère qui influence le plus la densité de truites d’une portion de rivière. Selon la nature du biotope, ces refuges peuvent être constitués de végétation aquatique (cas de la Sorgue du Vaucluse), de bois immergé (tel que les racines de la ripisylve) ou plus classiquement de blocs rocheux. Ils sont préférentiellement situés sur les bordures.

  •  les postes de chasse :

Lors de leurs pérégrinations alimentaires, les farios recherchent des courants qui véhiculent leurs proies, aussi appelés veines porteuses. Pour cela, elles doivent fréquemment abandonner leurs zones de repos, ce qu’elles font avec plus ou moins d’entrain selon la saison (elles rechignent vraiment dans l’eau froide) et leur bravoure (les juvéniles intrépides s’en éloignent volontiers, contrairement aux poissons plus âgées et/ou plus pêchés, qui se montrent plus prudents). Elles colonisent alors d’avantage le milieu du cours d’eau, au niveau des têtes ou fins de plat (juste avant la déclivité suivante), des jonctions de veines… etc. D’autres parts, il faut savoir lier certains postes de chasse avec des régimes alimentaires particuliers : par exemple, lors d’un coup du matin estival, il est fréquent de toucher les truites au toc dans les têtes de courant, puis de les voir gober sur les fins de plat entre midi et deux.

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En rouge, sont matérialisées les caches (bases de blocs creuses) abritant des poissons inactifs ou à l’affût ; la partie en vert, dans l’axe de la veine porteuse, sera colonisée par des truites bien attablées.

Dans tous les cas, la distance qui sépare un poste de chasse d’une cache conditionne la valeur du premier cité : plus cette distance est faible, plus il est porteur (la truite s’y sentant d’avantage en sécurité). Ceci nous conduit à évoquer le dernier type de poste :

  •  les postes mixtes :

Certains postes possèdent une veine porteuse accolée à une cache. Ce sont les meilleurs, car la truite a le loisir de s’alimenter à domicile et se retrouve  tapi dans son refuge en un battement de nageoire (lorsque le courant rentre dans la cache, elle peut même chasser tout en restant constamment invisible à la vue ses prédateurs).  Ces endroits prisés sont généralement occupés par les plus gros individus, prioritaires dans le choix des meilleures places.  On comprend ici l’importance de rechercher systématiquement les portions méandreuses où le courant principal vient buter sur les berges… autant de chance de rencontrer un maximum de postes mixtes !

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La veine porteuse vient flirter avec une souche : un poste de choix !

Dans un prochain article, nous verrons comment dégager une stratégie de pêche à partir de toutes ces observations.

A bientôt

Simon SCODAVOLPE

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